• Paris, 13 décembre 1836. 
    Je reçois aujourd'hui quelques personnes, entre autres Madame Sand. (3) De plus, 
    Liszt jouera et Nourrit chantera. Si cela peut être agréable à Monsieur Brzowski, je l'attendrai ce soir. — La comtesse d'Agoult à George Sand, à NohantJ Paris, le 26 mars 1837. [...] Chopin tousse avec une grâce infinie.[...]

    Paris, décembre 1836, mots et lettres à propos de Frédéric Chopin et Georges Sand

    
    
    
    Joseph Brzowski 1805-1888), compositeur et professeur de musique 
    polonais. Son "Journal" faisait partie de la collection Polinski. Seuls quelques 
    fragments de ce journal, à présent détruit, sont connus. On y trouvait notamment 
    le récit d'une excursion faite par Brzowski en 1837 à Montmorency, à Enghien et 
    à St. Gratien, en compagnie de Chopin. 
    
    Ferdinand Denis, qui assista à cette soirée, en a fait un récit où il décrit 
    la toilette de George Sand: une robe turque blanc et rouge. La romancière arbo- 
    rait ainsi les couleurs de la Pologne. Il faut dire que si Chopin n'éprouvait alors 
    que de l'indifférence, voire même de l'antipathie pour Aurore Dudevant, celle-ci 
    portait un très vif intérêt au grand compositeur. 
    
    Pendant l'été de 1836, George Sand et ses deux enfants avaient fait un 
    voyage en Suisse en compagnie de Franz Liszt et de Marie d'Agoult. En 1837, la 
    romancière invita «les Liszt» à Nohant. Pendant ce séjour, Franz se rendit à Paris 
    où la comtesse d'Agoult le rejoignit peu après. 
    
    — La comtesse d'Agoult à George Sand, à Nohant. 
    
    Paris, 8 avril 1837. 
    
    [...] Chopin est l'homme irrésistible; il n'y a chez 
    lui que la toux de permanent [ ...] (5) 
    Frédéric Chopin à Antoine Wodzinski, à Saragosse. 
    
    [Paris, mai 1837]. 
    
    [...] Je vais peut-être aller passer quelques jours 
    chez George Sand, mais cela ne retardera pas l'envoi 
    de ton argent car, pour ces trois jours, je laisserai des 
    instructions à Jeannot.  
    
    — George Sand à la comtesse d'Agoult, à Côme. 
    
    Nohant, 2 janvier 1838. 
    Bonsoir, bonne et charmante princesse, bonsoir, 
    
    
    
    Marie d'Agoult desirait nuire à Chopin dans l'esprit de George Sand. 
    Trois jours auparavant, la romancière lui avait adressé de Nohant les lignes 
    suivantes: 
    
    «Dites à Mick... (manière non compromettante d'écrire les noms polonais) 
    que ma plume et ma maison sont à son service et trop heureuses d'y être, à Grr... 
    que je l'adore, à Chopin que je l'idolâtre, à tous ceux que vous aimez que je les 
    aime et qu'ils seront les bienvenus amenés par vous [...]» 
    
    Sous le ton de badinage de cette lettre, Marie avait, sans doute, deviné 
    qu'Aurore était éprise de Chopin. Or, Chopin était loin d'être indifférent à Marie, 
    qui, en grande coquette, désireuse que les hommages s'adressassent à elle seule, 
    usa de beaucoup de ruses pour tenter d'empêcher Aurore et Frédéric de se lier. 
    
    Chopin n'alla pas à Nohant à cette époque. Il était d'autre part fort 
    mal renseigné sur la distance qui sépare ce village berrichon de Paris puisqu'il 
    comptait consacrer seulement trois jours à ce voyage. Antoine Wodzinski se 
    trouvait alors en Espagne où ses parents devaient lui envoyer des fonds par l'in- 
    termédiaire de Chopin. 
    
    
    
    "cher Crétin du Valais. N'oubliez pas Piffoël qui dépose à vos pieds son cœur, son 
    cigare et les vestiges de sa robe de chambre écarlate. Piffoël ira peut-être à Paris à la fin de janvier, surtout si on célèbre une seconde fois, comme les journaux l'ont
    annoncé, la Messe de Berlioz. Piffoël serrera de grand cœur la main à Sopin à cause de Crétin et aussi à cause de Sopin [sic], because Sopin is veri zentil. Piffoël beseaches Fellow not to read Dernière Aldini (7)
    but to read next production wich is much better and not yet finished. Piffoël vous presse dans ses bras et vous prie de l'aimer, après vous each other s'il en reste.
    George Sand à Eugène Delacroix, à Paris. 
    
    [avril ou mai 1838]. 
    
    Mon cher Lacroix, 
    
    Je pars demain à cinq heures du matin, je voudrais bien ne pas partir sans vous
    dire adieu, sans vous parler de Medée, qui est une chose magnifique, superbe,
    déchirante; décidément, vous êtes un fameux barbouilleur!
    Pour vous décider à venir-ce soir, je vous dirai que Chopin nous joue du piano en
    petit comité, les coudes sur le piano, et c'est alors qu'il est vraiment sublime. Venez
    à minuit si vous n'êtes pas trop dormeur, et si vous rencontrez des gens de ma
    connaisance, ne le leur dites pas car Chopin a une peur affreuse des Welches.
    Adieu si vous ne venez pas souvenez-vous de m'aimer un peu.
    
    George Sand.
    George Sand écrivit la Dernière Aldini en collaboration avec ion amant du moment : 
    le jeune auteur dramatique Félicien Mallefille qu'elle avait installé à Nohant en
    qualité de précepteur de son fils.
    Sa liaison avec Mallefille ne l'empêchait pas, on le voit, de songer à Chopin.
    La - Médée» d'Eugène Delacroix fut exposée au Salon de 1838.

    — George Sand à Frédéric Chopin.
    On vous adore George et moi aussi ! et moi aussi ! et moi aussi !!!
    -George Sand à la comtesse Marliani, à Paris.
    [Nohant, le 23 mai 1838].
    Chère belle, j'ai reçu vos bonnes lettres et je tarde à vous répondre à fond parce que vous
    savez que le temps est variable dans la saison des amours (style Dorât). On dit beaucoup de
    oui, de non, de si, de mais dans une semaine, et souvent on dit le matin: décidément ceci
    est intolérable, pour dire le soir: en vérité c'est le bonheur suprême. m J'attends donc pour
    George Sand traça ces mots sur une feuille de papier à son chiffre. Où? On ne sait.
    En tout cas. Marie Dorval était auprès d'elle.
    La célèbre actrice écrivit, en effet, sur la même page.
    Chopin inséra ce précieux document dans son album.
    L'album est détruit. Une photocopie en avait été faite heureusement.
    On peut sans contredit affirmer que ces lignes datent de la période
    qui précéda de peu le commencement de la liaison de Frédéric et d'Aurore.
    Elles en sont, en somme, comme le prélude,
    Bien que très attiré alors par George Sand, Chopin hésitait à se lier avec la romancière.

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    NOEL CHEZ L'ENFANT FREDERIC CHOPIN

    Frédéric Chopin : cette photo montre la sensibilité extraordinaire de ce compositeur tant aimé des pianistes alors qu'il fut si mal aimé durant sa vie. Son oeuvre demeure comme son âme immortellement inaltérable.

    NOEL CHEZ L'ENFANT FREDERIC CHOPIN

     

    Le 24 décembre toute la famille Chopin réunie regardait par la fenêtre guettant la première étoile, selon la tradition pour commencer officiellement les réjouissances de la naissance du Sauveur et à festoyer.

    Frédéric fut le premier à la déceler, et déjà à l'intérieur, une douzaine de bougies brûlaient et des guirlandes en papier décoraient la pièce. De grandes hosties colorées étaient suspendues au plafond et Justynia en décrocha une en disant : "Que l'an qui vient nous voit toujours réunit comme aujourd'hui !"  Puis elle donna des fragments de l'hostie à tout le monde y compris à la servante qui était dans la cuisine.

    Sous la nappe pleine de bosses se trouvaient les cadeaux. Les enfants s'exclamaient impatients de les ouvrir !

     Nicolas et son épouse avait soigneusement choisi les cadeaux pour chaque enfant : une écritoire pour Ludwika, des écheveaux de soie floche pour Emilia, un diapason et un gros cahier pour Frédéric ! 

    Les enfants eux-mêmes avaient préparé une surprise pour leurs parents et dissimulée sous la nappe, Nicolas découvrit pour lui un vieux livre de français et Judwika un châle bariolé !

    Les embrassades suivirent et tout à coup un pas lourd puis des coups violents retentirent dans la porte ! Les enfants se mirent à crier : Kriss Kling ! Kriss Kling ! tandis que Monsieur Zywny fit son apparition !

    Il avait mis une fausse barbe blanche qui le rendait méconnaissable et il était chargé d'une multitude de petits paquets qu'il distribua à tous ! Frédéric était très étonné : comment un illustre professeur peut-il donc se déguiser ?

    Nicolas, son père, pensa qu'il avait un bien étrange enfant car Frédéric, au nom de la musique était choqué qu'un illustre professeur put se déguiser de la sorte !

     

    La précocité de Frédéric était extraordinaire car il ne se bornait pas à lire les partitions difficiles mais il inventait des airs tristes et élégants et il émettait sur les gens des jugements bien au-dessus de son âge et lorsqu'il écrivait c'était avec l'orthographe et le style d'un adulte. Pour le 6 décembre, la fête de son père, il avait écrit un compliment, sans l'aide de personne, dont les mots restait gravé dans le coeur de son père Nicolas Chopin.

     

    Delacroix lui demanda ce qui établissait la logique en musique, il répond : « la fugue est comme la logique pure en musique. [...] Chacune des parties a sa marche qui, tout en s’accordant avec les autres, forme un chant et le suit parfaitement ; c’est là le contrepoint. » Et on sait le soin qu’il mettait à parfaire et à retravailler ses compositions.

     

    Mozart était, avec Bach, le seul maître dont Chopin se réclamait. Lors de ses obsèques, selon son vœu, le Requiem de Mozart, qu’il appréciait particulièrement, fut interprété intégralement par l’orchestre du conservatoire de Paris.

     

     

     


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    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/76/Frederic_Chopin.jpg

     

    Nicolas le père de Chopin rétorquant à Monsieur Zywny que Frédéric avait plus de goût pour le piano, le maître de musique attira son attention en disant :"Le piano pourrait être le plus noble des instruments de musique et Varsovie l'a compris puisqu'elle est devenue la capitale du piano !".

    Nicolas lui répondit :"Oui, je sais il y a plus de trente fabricants de piano dans cette ville".

    Le professeur de musique lui ajouta qu'il y avait aussi quelques trois douzaines de  professeurs aussi ! Ce à quoi Nicolas lui rétorqua qu'il en était le meilleurs de tous et que Frédéric n'aurait pas d'autres maître que lui !

    Monsieur Zywny lui répondit qu'il ferait de son fils quelqu'un !

    La maman de Chopin Justyna intervient à ce moment en disant :"Je ne crois pas que Frédéric pourrait vivre sans piano.  Il était haut comme trois pommes qu'il cherchait déjà des airs sur le clavier : il a eu ses premières leçons à l'âge de quatre ans et puis je lui ai donné ensuite mes leçons : aujourd'hui qu'il a six ans, il en fait plus que moi et il en sait plus aussi car moi je devrai me mettre sérieusement à l'étude si je veux encore lui  apprendre quelque chose."

    Monsieur Zywny ajouta :"Je suis sûr que bientôt, il surpassera le professeur que je suis...". Il disait ces mots avec une certaine mélancolie.

    La maman de Chopin lui offrit "son" cassis qu'elle avait elle-même préparé. Et au cours de la discussion le musicien décida de commencer les leçons avec Frédéric après Noël.

    Justyna, la maman de Chopin l'invita en insistant  à faire "Kriss Kling", une fête à Noël qui consiste à se déguiser en genre de bonhomme de Noël. Et il accepta sans se faire prier.

     

     


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  • F r é d é r i c  C h o p i n

     

    Le 22 février naquit Frédéric Chopin et son père Nicolas était fou de joie ! Le second prénom de Frédéric est François.

    L'enfant plutôt délicat croissait bien : il serait blond châtain et il aurait le visage allongé comme celui des Chopin.  Il avait  six mois lorsque son père reçut un courrier très attendu depuis longtemps, lui spécifiant qu'il aurait un appartement à disposition et serait le collaborateur de Monsieur Linde, le directeur du Lycée de Varsovie.  Il allait prendre ses fonctions le premier octobre de cette année-là.

    Un jour Nicolas rentra à la maison avec un personnage singulier par son accoutrement et son physique : il s'agissait du professeur Zywny qui saluait avec son tricorne à l'ancienne mode Justyna.  Il avait une soixantaine d'année et il était grand et voûté, maigre ; il avait un long nez tranchant avec une sorte de boule violacée au bout.  Ses vêtements pompeux et ridicules mais entretenu : une longue redingote verte avec un gilet jaune, une cravate toute remplie de grains de tabac et une culotte puce d'où émergeait un mouchoir à carreaux. Voici ce que ce personnage curieux dit aux enfants de Nicolas et Justyna :

    " L'humble professeur de piano et de violon que vous avez devant vous a vécu, dans d'autres temps, de grands honneurs !  Savez-vous que j'ai été pianiste à la Cour du roi Stanislas ? Savez-vous que j'ai été chef d'orchestre ? Savez-vous enfin que j'ai composé des Arias, des fugues, des symphonies ? Hélàs, je dois vivre à présent de modestes cachets ! Mais je me console avec Jean Sébastien Bach et Wolfgang Amadeus Mozart... Dis-moi mon garçon (en pointant un index vers Frédéric), est-ce que tu connais Jean Sébastien Bach ? et Mozart le connais-tu ?"

    Frédéric resta bouche bée ; ses deux soeurs éclatèrent de rire.

    "Je te les ferai connaître mon enfant et je te les ferai aimer, foi de Zywny !".  Il y avait une grande ferveur dans sa voix et une grande décision qui faisait oublier son emphase et ses manières bizarres.

    Frédéric demeurait calme et prit soudain conscience qu'il avait affaire à un musicien, un musicien pas comme les autres.  Promptement, il se dirigea vers le piano, l'ouvrit, plaqua un accord, puis un autre, sembla se concentra un court instant et puis libéra une cavalerie de sons aigus, une pluie de notes cristallines, dont l'arabesque gracieuse et sauvage, se dessinait avec une netteté parfaite sur le jeu souple et profond de la main gauche.  L'enfant était transfiguré, son visage pâlissait, ses grands yeux sombres étincelaient et puis, effrayé de son audace et s'arrêta court et rougit en s'éloignant de l'instrument. 

    Zywny lui posa la main sur l'épaule : "Ce n'est pas mal du tout mon enfant !  Mais où as -tu appris ce que tu viens de jouer ? Je ne crois jamais l'avoir entendu..."

    Frédéric lui répondit un peu gêné :"C'était une musique que j'avais dans la tête Monsieur".

    "Alors c'est mieux" , lui répondit le musicien, et puis s'adressant à Nicolas, il lui dit :"savez-vous que votre fils a l'étoffe d'un grand pianiste et peut-être d'un bon compositeur ?".

    Nicolas répondit, un peu contrarié :"J'aurai voulu qu'il soit intéressé par le violon, la flûte, mais comme sa mère, il n'a que le goût du piano".

    Frédéric avait lors de cette première visite de son professeur que six ans.


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