• Une Oeuvre musicale pour Théorbe posté le samedi 08 mars 2014 23:30

     

    Le théorbe ou téorbe est une sorte de grand luth créé en Italie à la fi du XVIème siècle. Ensuite au XVIIème siècle, il évolua vers deux sortes de théorbes : le théorbe romain appellé aussi chitarrone et le théorbe de Padoue. 

    Les joueurs de théorbe se nomment théorbistes.

    Le théorbe était utilisé à la fois pour la basse continue et comme instrument soliste et servait aussi pour l'accompagnement du chant. Au XVIIIème siècle, en France, on utilisait surtout le théorbe d'accompagnement, instrument très imposant. Les théorbes ont disparu au cours du XVIIIe siècle, avant de réapparaître auXXe siècle avec le renouveau de l'interprétation de la musique ancienne sur instruments d'époque.

    File:Theorbe.png

    Schéma d'un théorbe tiré des Syntagma musicum de Praetorius, 1615

    Le théorbe comprend deux types de jeux : le petit et le grand jeu.

    Le petit jeu est le registre habituel du luth. Il se compose généralement de six cordes doubles (chœurs) ou simples, longues et fines, en boyau, qui s'attachent sur le premier chevillier et qui passent au-dessus de la touche, permettant de modifier la hauteur des sons avec les doigts de la main gauche. Une particularité de ce jeu est l'accord rentrant, c’est-à-dire que les cordes 1 et 2 sont plus graves que la corde 3 .

    Le grand jeu est le registre le plus grave, il a généralement huit cordes simples en boyau. Elles sont placées sur le second chevillier, ne passent pas au-dessus de la touche et sont donc jouées à vide. Le timbre en est plus riche et leur vibration se prolonge longuement, ce qui permet de soutenir l'harmonie. Elles sont accordées diatoniquement et leur accord peut être modifié selon la tonalité employée.

    Voici pour le théorbes les compositeurs les plus importants dont bien sûr Robert de Visée  ainsi que les théorbistes.

    Ceux qui ont écrit sur le théorbe:

    • Praetorius Syntagma musicum (~1615)
    • Mersenne, L'harmonie universelle (1636)

    Théorbistes et compositeurs pour le théorbe

    • Angelo Michele Bartolotti (1615-1682) ;
    • François Campion, surtout connu pour ses compositions pour guitare, guitariste mais également théorbiste ;
    • Bellerofonte Castaldi ;
    • Lelio Colista, (1629-1680) luthiste, théorbiste et compositeur italien dans l'entourage de Corelli à Rome ;
    • Denis Delair, auteur de Traité d'acompagnement pour le Theorbe et le Clavessin ;
    • Nicolas Fleury, auteur de la Méthode pour apprendre facilement à toucher le théorbe sur la basse-continue (Paris, 1660) ;
    • Nicolas Hotman (Hautman), (1610-1663) théorbiste français né à Bruxelles, réputé à la Cour de France ;
    • Johannes Hieronymus Kapsberger, luthiste et théorbiste italien, compositeur pour ces deux instruments ;
    • Pietro Paolo Melii ;
    • Giovanni Pittoni ;
    • Alessandro Piccinini, luthiste, théorbiste et compositeur italien ;
    • François Pinel, luthiste et théorbiste, musicien à la cour de Louis XIV.
    • Robert de Visée, guitariste et théorbiste, compositeur pour ces deux instruments.

    Les Suites pour Théorbe de Robert de Visée 

     


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  • La voix est un "instrument" utilisé dans les choeurs, les chants en a capella (voix seule) ou en groupe dans les différents genres de musique depuis des millénaires. Nous possédons, par la voix un système vibratoire.

    Le timbre de voix et leur type de voix sont classées en différentes tessitures qui peuvent se chevaucher.

    Ainsi il y a :

    1) la voix basse avec la basse noble  (Sarastro dans la Flûte enchantée de Mozart) ; la basse de caractère (Cosi : Alfonso) et la basse bouffe (Enlèvement : Osmin).

    Voici la basse noble avec cette merveilleuse

    mélodie du premier Aria de la Flûte enchantée

     

    Voici la basse de caractère

    "Cosi' fan tutte": "Vorrei dir e cor non ho"

     

    Voici la basse bouffe 

    Rémi-Charles Caufman chante MOZART

    L'enlèvement au Sérail. Air d'Osmin

     

     

    2) Le baryton : avec le baryton de basse (Maîtres chanteurs : Sacha) ; le baryton de caractère (Fidelio:Pizarro), le baryton Verdi (Barbier : Figaro).

    Les voix possèdent toutes un symbolisme (sur lequel nous n'allons pas nous attarder pour les écouter une à une et ainsi, les reconnaître dans les oeuvres musicales). Par exemple la voix de basse représente l'autorité et la profondeur : elles peuvent représenté Dieu ou le divin.

    La voix est considérée comme un instrument de musique et fut utilisée de tout temps comme telle. A la période renaissante nombreux progrès techniques sont accomplis dans le domaine vocal stimulés  par le succès croissant de genres musicaux  tels que le madrigal ou l'opéra. L'apogée de la virtuosité de la voix est exercée au cours de la période baroque. Ce mouvement entraîne un développement de la virtuosité et surtout, une extension progressive de l'ambitus  des différents types vocaux. On peut considérer qu'à partir de la période classique, l'étendue habituelle d'une voix de soliste, est de deux octaves.  Il n'est pas rare que des chanteurs dépassent de quelques notes ce registre de base, dans le grave ou dans l'aigu, et les seront enchantés de composer et écrire  pièces destinées à telle ou telle voix exceptionnellement douée dans ce domaine. On raconte, par exemple, que l'étendue vocale de Pauline Viardot, célèbre cantatrice du XIXème siècle , couvrait plus de trois octaves et, la voix d'Ima Sumac couvrait quatre octaves, celle ci était descendante directe du dernier empereur incas.

     

    Voici le baryton de basse Sacha Les MAÎTRES CHANTEURS DE NUREMBERG - Le Metropolitan Opera au cinéma

    le baryton de caractère avec Ludwig van Beethoven

    et son opéra Fidelio : Pizarro

     

    le baryton Verdi 

    avec Ludwig van Beethoven

    et son opéra Fidelio : Pizarro

    Barbier : Figaro)

     

     

    3) Le ténor. Il y a trois sortes de ténor : ténor héroïque (Tristan), le ténor lyrique (Tamino dans la flûte enchantée) et le ténor aïgu (Pedrillo :Enlèvement ).

     

     

    Ici,ténor héroïque (Tristan) avec un enregistrement rare datant de

    1914, en 98 tours avec le ténor : Edoardo Ferrari-Fontana

     

     

     

    Ici , le ténor lyrique (Tamino dans la flûte enchantée)

     

    ténor aïgu

    Festival d'Aix en Provence 2004
    L'Enlèvement au Sérail - Mozart
    Dir : Marc Minkowski
    Pedrillo : Loïc FELIX
    Acteurs de la "Compagnie Deschamps" : quelle

    magnifique mise en scène

     

     

     

     

     N'est ce pas beau d'entendre un homme chanter ?

    © Colinearcenciel

     


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    La lyre, les anges et une oeuvre musicale du roi David

     

    Les Grecs voient dans la musique un lien entre l'homme et les dieux.

    La lyre est un instrument, dans l'antiquité grecque, utilisé dans la tradition religieuse et incorporée également dans la vie politique.Les philosophes s'en emparent aussi. Enfin les théoriciens cherchent à en expliquer le sens. Si le chant magique donne à l'homme un pouvoir universel, c'est donc que les lois de la musique sont universelles.

    Or, quel est l'objet de la philosophie sinon la connaissance des lois du monde.

    La musique est vue comme un moyen de produire certains états d'âme et de sentiments. La musique est perçue comme un outil supérieur de l'éducation, à la vertu.

    Le mode dorien forme le citoyen idéal et parfait. Pour les Anciens, l'habileté musicale était vue comme inséparable d'une bonne instruction. L'idéal étant Achille qui avait pour ma$itre le centaure Chiron. 

    « Si la musique, mon cher Glaucon, est la partie principale de l'éducation, n'est-ce pas parce que le rythme et l'harmonie ont au suprême degré la puissance de pénétrer dans l'âme, de s'en emparer, d'y introduire le beau et de la soumettre à son empire » Platon 

     

     

     

     

    Les joueurs de lyre sont à la fois compositeurs et exécutants dans l'antiquité pendant des siècles.

    Ils ont joui d'une grande faveur durant XII siècles, au VIIIème siècle avant Jésus Christ jusqu'au IVème siècle de notre ère.

     

    La lyre, souvent représentée entre les mains d'un ange viendrait elle des cieux ? Dans ce cas, sa conception est bien plus ancienne. Les humains auraient ils imité ce qui existait déjà ? Oui, cela est possible. Certains sourirons en lisant ces lignes qui semblent totalement irréalistes. Et pourtant, beaucoup de représentations expriment cette idée : les anges sont pour la plupart des musiciens. Est ce pour cela que les humains musiciens seraient des anges ? Loin de là. Certains, je le pense et d'autres, plus affamés seraient sans doute bien le contraire et illusoires, même s'ils semblent si bien joué. L'art dépasserait il des concepts de vices pour entrer dans un univers céleste ? J'en doute quant aux qualités morales. Les humains savent ils devenir des anges en interprétant des oeuvres ? Hélàs non. Une grande part de vanité existe en ce monde au point de se travestir pour paraître. L'illusion est donc assez forte.

    Les pures sources divines de la création musicale ne trouvent pas leur source en ce monde et ceci est un vrai sentiment de conviction basé sur des faits non prouvables par la science. Science nécessaire bien sûr à l'humanité, la spiritualité intime est tout aussi nécessaire avec ses valeurs exceptionnellement évoluées. Ceci n'est qu'une simple parenthèse par rapport à la beauté de cet instrument qui donna naissance à la harpe. Bonne écoute et belle journée à vous qui passez par ici.

    Colinearcenciel

     

    Ange à la lyre

     

    Structure de la lyre

    Une mélodie authentique de David, le roi David.

    Très belle mélodie excellemment interprétée. Tant il est vrai que le roi David jouant de la lyre, chantait tout en même temps des hymnes divins.

     

     

     

    roi david jouant de la lyre devant les tables de la loi by marc chagall

     

    Roi David jouant de la lyre devant les tables de la loi

    , 1930–1930

    Marc Chagall

     

     

     

     

     

     


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  • Venez sur cette double cime qui regarde au loin, le Parnasse ami des chœurs, et présidez à mes chants, ô Piérides, qui habitez les roches neigeuses de l’Hélicon. Venez chanter le Pythien aux cheveux d’or, le maître de l’arc et de la lyre, Phébus, qu’enfanta l’heureuse Latone près du lac illustre, quand, dans ses douleurs, elle eût touché de ses mains un rameau verdoyant de l’olivier ". 

     

     

    Les hymnes delphiques à Apollon. Ils ont été découverts en Mai 1893 à Delphes, par l’École française d’Athènes, lors d’une exploration des ruines du " Trésor des Athéniens ". Ce petit édifice, à la fois sacristie, archives, musée du temple d’Apollon, servait autrefois de lieu de réunion aux ambassadeurs et aux pèlerins d’Athènes, lors des fêtes delphiques. Les murs étaient couverts d’inscriptions tels des décrets honorifiques, catalogues d’ambassades et poèmes de circonstance. Ces hymnes étaient donc gravés sur un pan de mur. A l’heure actuelle, ils sont conservés au Musée de Delphes.

     

    Les chercheurs ont décrété que les deux hymnes avaient été interprétés lors de deux Pythaïades (138 et 128 av. J.-C.) par le chœur des artistes dionysiaques d’Athènes, représenté par une cinquantaine d’exécutants. Le programme de ces fêtes comportait un ou plusieurs poèmes à Apollon que chantait un vaste chœur, accompagné par des citharistes et des aulètes. Ces hymnes à Apollon forment deux longues pièces tout en comportant de sérieuses lacunes.

     Le premier est composé de quatre strophes, dont deux en assez bon état, représentant une notation vocale, de mode dorien, sans signes rythmiques.

    Le second nous restitue dix strophes, qui sont alternativement en tons lydien et hypolydien. La notation est instrumentale, non rythmée.

     

    Dans son ouvrage sur les trois documents de musique grecque les plus connus, Emile Martin nous propose une traduction du deuxième hymne delphique à Apollon. En effet, c’est celui-ci qui a retenu son attention car il permet d’avoir une vue d’ensemble. Il déplore en effet, que la troisième strophe du premier hymne se termine avant la fin. Toutefois, je n’en citerai ici que le début, simplement pour que l’on cerne le côté poétique de cet hymne.

    Il s’agit du poète qui invite les Muses à quitter l’Hélicon pour chanter leur frère, Apollon. Il raconte sa naissance et l’apaisement que toute la nature en ressentit.

     

     


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