• MOZART écrit tout à son père le 2 juin 1781

    MOZART écrit tout à son père : extraits de l'écriture de Mozart posté le dimanche 29 décembre 2013 18:13

    Blog de colinearcenciel :BIENVENUE DANS MON MONDE MUSICAL, MOZART écrit tout à son père : extraits de l'écriture de Mozart - Page 1325

    Vienne,  ce 19 de may  1781

    Mon très cher Père  !

      Je ne sais par où commencer, mon père chéri,  car je ne peux me remettre de mon étonnement, et je ne le pourrai jamais si vous continuez à penser et à écrire ainsi.  Je dois avouer qu'à aucune phrase de votre lettre je ne reconnais mon père  !  Un père , certes,  mais pas le meilleur père,  le plus affectueux,  soucieux de son honneur et de celui de ses enfants,  en un mot ,  pas - mon père.

      Vous n'avez nul besoin de réponse de ma part à vos questions pour être convaincu que, moins que jamais,  je ne peux revenir sur ma décision.  Je dois toutefois répondre sur certains points  car mon honneur et mon caractère ont été atteints de la manière la plus sensible.

       Je ne peux sauver mon honneur qu'en revenant sur ma décision  ?  En écrivant ces lignes,  vous n'avez pas pensé qu'un tel retour en arrière ferait de moi l'homme le plus abject du monde.  Tout Vienne sait pourquoi j'ai quitté l'archevêque, tout le monde sait que c'est parce que mon honneur a été bafoué et je devrais maintenant prouver officiellement le contraire  ?....

       Ainsi donc,  je ne vous ai encore jamais témoigné aucun amour  ? (Léopold fait preuve là d'une grande injustice)  Je dois le faire maintenant pour la première fois ? Pouvez vous vraiment affirmer cela ?

       Je n'ai jamais voulu vous sacrifier mes plaisirs  ?  Quel plaisir ai-je donc ici ? Celui de penser, avec peine et soucis,  à ma bourse  !   J'ai l'impression que vous croyez que je baigne dans les plaisirs et les divertissements.  Comme vous vous trompez ! .....

    Si l'amusement consiste à se libérer d'un prince qui ne vous paie pas et vous couillonne à mort,  alors c'est vrai,  je m'amuse.

       Pour vous plaire , mon cher père,  je sacrifierais mon bonheur, ma santé et ma vie,  mais pas mon honneur.  IL m'appartient,  et il doit être pour vous au dessus de tout. Faites lire ceci au comte Arco,  et à tout Salzbourg  (...)

       Où aurai-je pu apprendre à respecter l'argent  ?  J'en ai encore eu trop peu en main. Je sais qu'un jour ,  j'ai eu  20 ducats,  je me suis cru riche.  Seule la misère apprend à estimer l'argent.....

       Mozart remet plusieurs fois sa démission au comte d'Arco qui refuse de la transmettre au prince.   

    Le  2 juin 1781,  il écrit  :

       Le comte me dit : Croyez moi, vous vous laissez trop éblouir.  Ici, la renommée d'une personne dure bien peu,  après quelques mois les viennois veulent à nouveau du neuf.  Je répondis : vous avez raison, monsieur le comte, croyez vous que je resterai à Vienne ? Et parbleu,  je sais déjà où aller  (Il parait que Mozart envisageait de retourner à Paris,  étrange...).  Monsieur le comte,  je suis le meilleur homme du monde,  si seulement on me tient en considération.   -  Oui,  dit-il,  l'archevêque vous croit un être profondément orgueilleux.  - Je veux bien l'admettre, dis je,  je le suis effectivement à son égard,  j'agis avec les gens comme ils sont avec moi,  si je vois que quelqu'un me méprise et ne m'estime guère,  je peux être fier comme un singe...

      Il me demanda,  entre autres,  si je ne croyais pas que lui aussi devait avaler bien souvent des mots désagréables  ?   Je haussai les épaules et dis  :  Vous avez vos raisons pour les supporter et moi,  j'ai les miennes de ne pas les souffrir...

       Une semaine plus tard, alors que Mozart insiste encore avec sa démission,  l'entrevue est moins cordiale....  

       "Ainsi monsieur le comte Arco a bien fait les choses  !  C'est vraiment là une curieuse manière de convaincre les gens.  On n'accepte pas les requêtes par bêtise innée,  on ne souffle mot au seigneur,  par manque de courage et par amour pour la flagornerie, on mène les gens en bateau pendant quatre semaines,  et en fin de compte,  on vous fiche à la porte avec un coup de pied au derrière.....

    Lettres de Mozart à son père Léopold

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