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    Émile nous invita à l’accompagner jusqu’au domicile de ses quatre amis, à trois cent cinquante kilomètres de là. Nous y verrions aussi sa mère. Il dit : Ma mère est une de celles qui ont tellement perfectionné leur corps qu’elle a pu l’emporter et s’avancer pour recevoir les plus hauts enseignements.

    Elle vit donc continuellement dans l’invisible. Et c’est volontairement, car en recevant les plus hauts enseignements, elle peut nous aider considérablement. Pour vous rendre la chose plus claire, je vous dirai qu’elle s’est avancée jusqu’à ce qu’elle ait atteint le Royaume céleste où est Jésus, l’endroit qu’on appelle parfois le septième ciel.

    Je suppose que cet endroit représente pour vous le mystère des mystères, mais il n’y a là aucun mystère. C’est le lieu de la conscience, l’état d’âme où tous les mystères sont révélés. Quand on l’atteint, on est invisible aux mortels, mais on peut revenir pour instruire ceux qui sont réceptifs.

    On revient dans son propre corps, car il est si perfectionné qu’on peut l’emporter où l’on veut.

    Les initiés de cet ordre peuvent revenir sur terre sans réincarnation. Ceux qui ont passé par la mort s’ont obligés de se réincarner pour disposer d’un corps sur terre. Nos corps nous ont été donnés spirituels et parfaits. Il faut les voir et les maintenir tels pour pouvoir les conserver. Quiconque a quitté son corps pour les régions de l’Esprit s’aperçoit qu’il lui faut reprendre un corps et continuer à le perfectionner.

    Avant de nous lever de table ce soir-là, nous convînmes que l’expédition se diviserait en cinq sections dont chacune serait prise en charge par l’un des hommes qui étaient apparus dans la pièce pour dîner avec nous. Ce dispositif devait rendre possible l’exploration de vastes régions. Il faciliterait notre travail tout en nous permettant de vérifier des phénomènes tels que voyages dans l’invisible etcommunications de pensées à distance. Chaque section comprendrait au moins deux de nous avec l’un des cinq Maîtres comme guide. Elle serait très éloignée des autres, mais le contact serait conservé grâce à ces gens qui nous témoignaient tant d’amitié et ne manquaient pas uneoccasion de nous laisser vérifier leur travail.

    1.12. Communications à distance. - Les Sauvages des neiges

    Le jour suivant, tous les détails furent arrangés. Ma section comprenait deux de mes camarades en plus de moi. Elle était accompagnée d’Émile et de Jast. Le matin suivant, chaque section fut prête à partir dans une direction différente. Il était entendu que nous observerions soigneusement tout ce qui arriverait et en prendrions note. Nous convînmes de nous retrouver au bout de soixante jours au village natal d’Émile, à trois cent cinquante kilomètres de là. Les communications entre les diverses sections devaient être assurées par nos amis. Ils s’en chargèrent en effet tous les soirs, causant l’un avec l’autre et allant de section en section. Quand nous voulions communiquer avec notre chef de détachement ou avec un camarade, il nous suffisait de confier notre message à nos amis. La réponse nous parvenait en un laps de temps incroyablement court. Quand nous donnions de tels messages, nous les écrivions en entier avec la date et l’heure. Nous notions aussi sur la réponse la date et l’heure de son arrivée.

    Quand nous fûmes réunis à nouveau, nous comparâmes nos notes et constatâmes qu’elles coïncidaient parfaitement. En outre, nos amis voyageaient d’un camp à l’autre et causaient avec les membres de chaque section. Nous notâmes soigneusement le lieu et l’heure de leurs apparitions et disparitions ainsi que les sujets abordés. Là encore tout coïncida parfaitement lors de la comparaison ultérieure de nos notes. Il arriva que nos sections se trouvèrent extrêmement éloignées les unes des autres.

    L’une était en Perse, l’autre en Chine, la troisième au Tibet, la quatrième en Mongolie, et la cinquième aux Indes. Nos amis parcouraient alors dans l’invisible des distances de l’ordre de deux mille kilomètres pour nous tenir au courant des événements dans chacun des camps. L’objectif de ma section était un petit village situé sur un plateau élevé, très avant dans les contreforts des Himalayas, à cent cinquante kilomètres de notre point de départ. Nous n’avions emporté aucune provision pour le voyage. Cependant, nous ne manquâmes jamais de rien, et nous pûmes toujours nous loger confortablement pour la nuit.

    Nous arrivâmes à destination le cinquième jour, au début de l’après-midi. Nous fûmes salués par une délégation de villageois et conduits à un logement convenable. Nous remarquâmes que les villageois témoignaient à Émile et à Jast un profond respect. Émile n’était jamais venu dans ce village, et Jast une fois seulement, à la suite d’un appel à l’aide. Il s’agissait alors de sauver trois villageois enlevés,par les féroces « hommes des neiges » qui habitent certaines des régions les plus sauvages des Himalayas.La visite actuelle répondait à un appel semblable.Elle avait également pour but de soigner les malades intransportables du village. Il semble que les « hommes des neiges » soient des hors-la-loi qui ont habité pendant de longues générations les régions glacées des montagnes et ont fini par former des tribus capables de vivre dans les solitudes montagneuses, sans contact avec aucune forme de civilisation.

    Bien que peu nombreux, ils sont très féroces et belliqueux. Ils enlèvent parfois les hommes qui ont la malchance de tomber entre leurs mains et les torturent.Quatre villageois ayant été enlevés dans ces conditions, les autres ne savaient plus que faire et avaient envoyé un messager à Jast qui était venu à la rescousse, amenant Émile et nous avec lui.Nous étions naturellement très anxieux de voir ces hommes sauvages, dont nous avions entendu parler tout en restant, sceptiques sur leur existence. Nous pensâmes, que l’on formerait une caravane de secours à laquelle nous pourrions nous joindre. Mais cet espoir fut déçu quand Émile et Jast nous informèrent qu’ils iraient seuls et partiraient immédiatement. Au bout de quelques instants, ils disparurent et ne revinrent qu’au soir du deuxième jour,avec les quatre captifs délivrés. Ceux-ci racontèrent des histoires fantastiques sur leurs aventures et leurs étranges ravisseurs. Il paraît que ces bizarres hommes des neiges vivent complètement nus. Ils seraient couverts de poils comme des animaux à fourrure et supporteraient bien le froid intense des hautes altitudes. Ils se déplacent très rapidement. On prétend même qu’ils sont capables de poursuivre et d’attraper les animaux sauvages de leur contrée. Ils ont donné aux Maîtres le nom d’Hommes duSoleil, et quand ceux-ci viennent libérer des prisonniers, ils ne leur résistent pas.

     

    Nous fûmes informés que les Maîtres avaient maintes fois essayé d’établir un contact avec les hommes des neiges, mais en vain, à cause de la frayeur qu’ils leur inspiraient. Quand les Maîtres vont vers eux, ces sauvages ne mangent plus, ne dorment plus, et s’enfuient dans la nature, tellement ils ont peur. Ils ont perdu tout contact avec la civilisation et même oublié qu’ils ont eu des rapports avec d’autres races parmi lesquelles ils ont des ancêtres. Leur séparation d’avec le monde est vraiment complète. Émile et Jast ne voulurent pas nous dire grand-chose des hommes des neiges. Nous ne pûmes pas davantage nous faire emmener pour les voir.

    À nos questions, ils ne répondirent que par ces commentaires : Ce sont des enfants de Dieu, comme nous, mais ils ont vécu longtemps dans la haine et la peur de leurs semblables et développé leur faculté de haïr et de craindre. Ils se sont ainsi séparés des autres hommes au point qu’ils en ont complètement oublié leur appartenance à la famille humaine et se croient les bêtes sauvages qu’ils sont. Poussant les choses à l’extrême, ils en sont arrivés à perdre même l’instinct des bêtes sauvages, car celles-ci connaissent d’instinct les êtres humains qui les aiment, et répondent à cet amour. Nous vous répéterons seulement que l’homme fait advenir les choses auxquelles il pense. Quand il se sépare à ce point de Dieu et des autres hommes, il peut descendre plus bas que les animaux. Il ne servirait à rien de vous amener vers les hommes des neiges, et en outre, cela leur ferait du mal. Nous espérons que l’un d’eux deviendra un jour réceptif à nos enseignements, et par ce canal nous les toucherons tous. Nous fûmes informés que nous étions libres de faire, de notre propre initiative, une tentative pour voir ces étranges créatures, que les Maîtres nous protégeraient certainement de tout mal et pourraient très probablement nous délivrer si nous étions capturés. D’après le programme établi pour le lendemain, nous devions partir pour visiter un temple très ancien, situé à une soixantaine de kilomètres du village.

    Mes deux compagnons décidèrent de renoncer à cette visite pour mieux se renseigner sur les hommes des neiges. Ils demandèrent avec insistance à deux villageois de les accompagner, mais se heurtèrent à un refus catégorique. Aucun habitant ne voulait quitter le village tant que la présence des sauvages était à craindre aux environs. Mes deux compagnons firent alors leur tentative tout seuls. Ils reçurent des indications d’Émile et de Jast sur la piste et la direction générale à suivre. Ils ceignirent leurs armes portatives et se préparèrent à partir. Émile et Jast leur avaient fait promettre de ne tirer à balle qu’en dernière extrémité. Ils pouvaient tirer à blanc ou en l’air tant qu’ils voudraient pour effrayer les sauvages, mais ils durent donner leur parole d’honneur qu’ils ne tireraient avec l’intention de tuer que s’il était impossible de faire autrement. Je fus surpris qu’il y eût un revolver dans nos bagages, car nous n’avions jamais eu à nous servir d’une arme à feu. J’avais abandonné les miennes depuis longtemps, sans pouvoir même me rappeler où. Mais il se trouva que l’un des coolies qui nous avaient aidés à faire nos bagages y avait rangé deux pistolets que personne n’avait enlevés.

    Nous fûmes informés que les Maîtres avaient maintesfois essayé d’établir un contact avec les hommes des neiges, mais en vain, à cause de la frayeur qu’ils leur inspiraient. Quand les Maîtres vont vers eux, ces sauvages ne mangent plus, ne dorment plus, et s’enfuient dans la nature, tellement ils ont peur. Ils ont perdu tout contact avec la civilisation et même oublié qu’ils ont eu des rapports avec d’autres races parmi lesquelles ils ont des ancêtres. Leur séparation d’avec le monde est vraiment complète. Émile et Jast ne voulurent pas nous dire grand-chose des hommes des neiges. Nous ne pûmes pas davantage nousfaire emmener pour les voir. À nos questions, ils ne répondirent que par ces commentaires : Ce sont des enfants de Dieu, comme nous, mais ils ont vécu longtemps dans la haine et la peur de leurs semblables et développé leur faculté de haïr et de craindre. Ils se sont ainsi séparés des autres hommes au point qu’ils en ont complètement oublié leur appartenance à la famille humaine et se croient les bêtes sauvages qu’ils sont.

    Poussant les choses à l’extrême, ils en sont arrivés à perdre même l’instinct des bêtes sauvages, car celles-ci connaissent d’instinct les êtres humains qui les aiment, et répondent à cet amour. Nous vous répéterons seulement que l’homme fait advenir les choses auxquelles il pense. Quand il se sépare à ce point de Dieu et des autres hommes, il peut descendre plus bas que les animaux. Il ne servirait à rien de vous amener vers les hommes des neiges, et en outre, cela leur ferait du mal. Nous espérons que l’un d’eux deviendra un jour réceptif à nos enseignements, et par ce canal nous les toucherons tous. Nous fûmes informés que nous étions libres de faire, de notre propre initiative, une tentative pour voir ces étranges créatures, que les Maîtres nous protégeraient certainement de tout mal et pourraient très probablement nous délivrer si nous étions capturés.

    D’après le programme établi pour le lendemain, nous devions partir pour visiter un temple très ancien, situé à une soixantaine de kilomètres du village. Mes deux compagnons décidèrent de renoncer à cette visite pour mieux se renseigner sur les hommes des neiges. Ils demandèrent avec insistance à deux villageois de les accompagner, mais se heurtèrent à un refus catégorique. Aucun habitant ne voulait quitter le village tant que la présence des sauvages était à craindre aux environs. Mes deux compagnons firent alors leur tentative tout seuls.

    Ils reçurent des indications d’Émile et de Jast sur la piste et la direction générale à suivre. Ils ceignirent leurs armes portatives et se préparèrent à partir. Émile et Jast leur avaient fait promettre de ne tirer à balle qu’en dernière extrémité. Ils pouvaient tirer à blanc ou en l’air tant qu’ils voudraient pour effrayer les sauvages, mais ils durent donner leur parole d’honneur qu’ils ne tireraient avec l’intention de tuer que s’il était impossible de faire autrement. Je fus surpris qu’il y eût un revolver dans nos bagages, car nous n’avions jamais eu à nous servir d’une arme à feu. J’avais abandonné les miennes depuis longtemps, sans pouvoir même me rappeler où. Mais il se trouva que l’un des coolies qui nous avaient aidés à faire nos bagages y avait rangé deux pistolets que personne n’avait enlevés.

    1.13. Un temple vieux de douze mille ans.

    Traversée d’un incendie de forêt

    Un peu plus tard dans la journée, Émile, Jast, et moi nous partîmes pour le temple où nous arrivâmes à cinq heures et demie, le lendemain après-midi. Nous y trouvâmes deux vieux desservants qui m’installèrent confortablement pour la nuit. Le temple est situé sur un pic élevé. Construit en pierre brute, il passe pour dater de douze mille ans. Il est en parfait état de conservation. Ce serait l’un des premiers temples bâtis par les Maîtres du Siddha. Ils le construisirent pour disposer d’un refuge où ils jouiraient d’un parfait silence. Le site n’aurait pu être mieux choisi. C’est le sommet le plus élevé de cette région, à trois mille cinq cents mètres d’altitude et mille cinq cents mètres au-dessus de la vallée. Pendant les douze derniers kilomètres, le sentier me parut presque vertical. Il franchissait des ponts, suspendus à des cordes. Celles-ci avaient été attachées plus haut à de grosses pierres et jetées ensuite dans le vide. Les poutres formant le pont servaient de sentier à deux cents mètres en l’air.

    Ailleurs, nous fûmes obligés de grimper à des échelles soutenues par des cordes qui pendaient d’en haut. Les derniers cent mètres du chemin étaient absolument verticaux. Nous les grimpâmes entièrement grâce à des échelles de ce genre. En arrivant, j’eus l’impression de me trouver au sommet du monde. Le lendemain, nous nous levâmes avant le soleil. En débouchant sur la terrasse qui formait toit, j’oubliai complètement la pénible ascension de la veille. Le temple était construit au bord d’un à-pic. En regardant vers le bas, on ne voyait rien sur les premiers mille mètres, de sorte que l’endroit paraissait suspendu dans l’air. Je ne parvenais que difficilement à effacer cette impression.

    Trois montagnes étaient visibles dans le lointain. On me dit qu’il y avait au sommet de chacune d’elles un temple semblable à celui-ci. Mais leur éloignement était tel que je ne pus distinguer ces temples, même à la jumelle. Émile me dit que le groupe de Thomas, notre chef, avait dû arriver au temple de la montagne la plus éloignée à peu près en même temps que nous ici. Il me dit que si je voulais communiquer avec Thomas, je pouvais le faire, car celui-ci se tenait avec ses compagnons sur le toit du temple, tout comme nous ici. Je pris mon calepin et j’écrivis : « Je suis sur le toit d’un temple, à trois mille cinq cents mètres d’altitude au-dessus du niveau de la mer. Le temple me donne l’impression d’être suspendu dans l’air. Ma montre marque exactement 4h 55 du matin.

    Nous sommes le samedi 2 août. » Émile lut ce message et fit un moment de silence. Puis la réponse vint : « Ma montre marque 5h 0l’du matin.

    Endroit suspendu dans l’air : deux mille huit cents mètres au-dessus du niveau de la mer.

    Date : Samedi 2 août. Vue magnifique, mais site vraiment extraordinaire. »

    Émile dit alors : Si vous voulez, j’emporterai votre note et vous rapporterai la réponse. Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je voudrais aller causer avec ceux du temple, là-bas. Je lui donnai volontiers la note, et il disparut. Une heure trois quarts plus tard, il revenait avec une note de Thomas disant qu’Émile était arrivé à 5 h 16 et que son groupe passait un moment délicieux à imaginer nos prochaines aventures. La différence d’heure à nos montres était due à notre écart en longitude. Nous passâmes dans ce temple trois jours, pendant lesquels Émile rendit visite à toutes les sections de notre expédition, emportant mes messages et en rapportant de toutes les autres.

    Au matin du quatrième jour, nous nous préparâmes à rentrer au village, où j’avais laissé mes camarades à la recherche des hommes des neiges. Émile et Jast voulaient encore se rendre à un petit village situé dans la vallée, à cinquante kilomètres au-delà de la bifurcation de notre sentier. J’approuvai leur projet et proposai de les accompagner. Nous campâmes cette nuit-là dans une cabane de berger. Nous repartîmes de très bonne heure afind’arriver de jour à destination le lendemain, car nous étions à pied. Faute de pouvoir aller au temple avec nos chevaux, nous les avions laissés au village de mes camarades. Ce matin-là, vers dix heures, survint un violent orage électrique avec menace de pluie diluvienne. Mais il ne tomba pas une goutte d’eau. Nous traversions un pays fortement boisé. Le sol était couvert d’une grosse herbe drue et sèche. Toute la contrée me parut exceptionnellement sèche.

    La foudre enflamma l’herbe en plusieurs endroits, et avant de nous en rendre compte nous fûmes encerclés par un incendie de forêt. Au bout de très peu de temps, l’incendie fit rage avec une folle violence et s’avança vers nous de trois côtés à la fois à la vitesse d’un express. La fumée s’étalait en nuages épais, si bien que je devins perplexe et finis par être pris de panique. Émile et Jast paraissaient calmes et recueillis, ce qui me rassura quelque peu. Ils dirent : Il y a deux moyens d’échapper. Le premier consiste à tenter de gagner un ruisseau proche qui coule au fond d’un profond ravin. Il y a huit kilomètres à franchir. Si nous y parvenons, il est probable que nous pourrons nous mettre en sûreté jusqu’à ce que l’incendie s’éteigne faute d’aliments.

    Le second moyen consiste à traverser l’incendie, mais il faut que vous ayez foi en notre aptitude à vous faire franchir la zone de feu. Je me rendis compte que ces hommes s’étaient toujours montrés à la hauteur de toutes les circonstances, et je cessai immédiatement d’avoir peur. Je me jetai corps et âme sous leur protection et me plaçai entre eux deux. Nous nous mîmes en route dans la direction où l’incendie flamboyait avec le maximum d’intensité. Il me sembla aussitôt qu’une grande voûte s’ouvrait devant nous. Nous passâmes tout droit au travers de l’incendie sans être le moins du monde incommodés par la fumée, la chaleur, ou les tisons qui jonchaient le chemin. Nous franchîmes de la sorte au moins dix kilomètres. Il me sembla que nous suivions notre chemin aussi paisiblement que si l’incendie n’avait pas fait rage autour de nous.

    Cela dura jusqu’à la traversée d’une petite rivière, après quoi nous nous trouvâmes hors de la zone des flammes. Lors de mon voyage de retour, j’eus largement le temps d’observer le chemin ainsi suivi. Tandis que nous franchissions la zone en feu, Émile me dit : Ne voyez-vous pas combien il est facile, en cas de nécessité absolue, de faire appel aux lois supérieures de Dieu et de les substituer aux lois inférieures ? Nous avons présentement élevé les vibrations de nos corps à un rythme supérieur à celui du feu, et celui-ci ne peut plus nous faire de mal. Si le commun des mortels avait pu nous observer, il aurait cru que nous avions disparu, alors qu’en réalité notre identité n’a pas varié. En fait, nous ne voyons aucune différence. C’est le concept des sens matériels qui a perdu contact avec nous. Un homme ordinaire croirait à notre Ascension, et c’est d’ailleurs ce qui s’est passé.

    Nous sommes montés à un niveau de conscience où les mortels perdent contact avec nous. Chacun peut nous imiter. Nous employons une loi que le Père nous a donnée pour que nous en usions. Nous pouvons nous en servir pour transporter notre corps à toutes distances. C’est la loi que nous utilisons pour apparaître et disparaître à vos yeux, pour annihiler l’espace, comme vous dites. Nous triomphons tout simplement des difficultés en élevant notre conscience au-dessus d’elles. Cela nous permet de vaincre toutes les limitations que l’homme s’est imposées à lui-même dans sa conscience mortelle. Il me semblait que nous ne faisions qu’effleurer le sol. Quand nous fûmes sortis de l’incendie et nous trouvâmes sains et saufs de l’autre côté de la rivière, j’eus d’abord l’impression que je me réveillais d’un profond sommeil et qu’il s’agissait d’un rêve. Mais la compréhension des événements grandit progressivement en moi, et la clarté de leur véritable signification commença d’illuminer lentement ma conscience. Nous trouvâmes un lieu ombragé au bord de la rivière, prîmes une collation, nous reposâmes pendant une heure, et rentrâmes au village.

     

    PS : Nous ne savons pas où géographiquement se situent ces faits racontés par Baird Spalding, mais nous ferons des recherches en ce sens. Tout d'abord, nous poursuivons la lecture de tous les chapitres qui seront énumérés en fin des pages consacrés au livre  :"La vie des Maîtres". Bonne lecture et bonne visite.

    Coline

     

     

     

     

     


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  • Traces du passage de Jean-Baptiste

     

    Page 75 à 84

    1.14.Traces du passage de Jean-Baptiste. – Guérisons
    miraculeuses. - Médiocrité générale de la foi ...


    Ce village se révéla très intéressant, car il contenait des documents historiques fort bien conservés. Une fois traduits, ils nous parurent apporter la preuve indiscutable que Jean-Baptiste avait séjourné là cinq ans. Nous eûmes plus tard l’occasion de voir et de traduire d’autres documents montrant qu’il était resté une douzaine d’années dans la région. Plus tard encore, on nous montra des documents paraissant prouver qu’il avait voyagé avec les gens d’ici pendant une vingtaine d’années à travers le Tibet, la Chine, la Perse, et les Indes.

    Nous eûmes l’impression de pouvoir suivre ses traces jalonnées par ces documents. Ceux-ci nous
    intéressèrent tellement que nous retournâmes aux divers villages pour approfondir notre enquête. En compilant les données obtenues, nous pûmes établir une carte montrant très exactement l’itinéraire des déplacements de Jean.
    Certains événements nous furent décrits en des récits tellement vivants que nous nous imaginions marcher dans le même chemin que Jean-Baptiste et suivre les sentiers qu’il foula dans un lointain passé.
    Nous restâmes dans ce village pendant trois jours, durant lesquels un vaste aperçu du passé se déroula devant moi. Je pus remonter dans la nuit des temps et retracer l’origine de ces doctrines jusqu’au vrai commencement, à l’époque où tout émanait de l’unique Source de Substance, c’est-à-dire de Dieu.

    Je pus saisir les divisions doctrinales formulées par les hommes, dont chacun ajoutait son idée
    personnelle, croyant qu’elle lui était révélée par Dieu pour lui appartenir en propre, s’imaginant ensuite qu’il possédait le seul vrai message, et qu’il était seul qualifié pour apporter ce message au monde.

    C’est ainsi que les conceptions humaines se mélangèrent avec les révélations pures. À
    partir de ce moment des concepts matériels s’introduisirent, et il en résulta de la diversité et de l’inharmonie.


    Je pus voir les Maîtres, solidement plantés sur le roc de la vraie spiritualité, percevant que l’homme est vraiment immortel, non soumis au péché ni à la mort, immuable, éternel, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Si l’on entreprenait des recherches plus approfondies, on
    obtiendrait la certitude que ces grands hommes ont transmis cette doctrine à l’état pur au long des millénaires.


    Ils ne prétendent pas tout savoir. Ils ne demandent pas que l’on accepte des faits si l’on ne peut pas les prouver soi-même en accomplissant les mêmes oeuvres qu’eux. Ils ne prétendent faire autorité que par leurs oeuvres.
    Après trois jours, nous fûmes prêts à retourner au village où j’avais laissé mes camarades. La mission d’Émile et de Jast dans ce village ne consistait qu’à guérir des malades. Ils auraient indubitablement pu faire le voyage et celui du temple en bien moins de temps que nous n’en prîmes, mais comme je ne pouvais me déplacer à leur manière, ils avaient emprunté la mienne.


    Mes camarades nous attendaient au village. Ils avaient complètement échoué dans leur recherche des hommes des neiges.

    Au bout de cinq jours, ils s’étaient lassés et avaient abandonné. Sur le chemin du retour, leur attention avait été attirée par la silhouette d’un homme se découpant dans le ciel sur une arête distante de quinze cents à deux mille mètres. Avant qu’ils aient pu la saisir dans le champ de leurs jumelles, l’homme avait disparu. Ils ne le virent que pendant un laps de temps très court. Ils en gardèrent l’impression d’une forme simiesque couverte de poils. Ils se hâtèrent vers le lieu de l’apparition, mais n’en trouvèrent aucune trace. Ils
    passèrent tout le reste de la journée à explorer les environs sans succès, puis finirent par abandonner leurs recherches.


    À l’audition de mon récit, mes camarades voulurent retourner au temple, mais Émile les informa que nous en
    visiterions très prochainement un similaire, sur quoi ils renoncèrent à leur projet.


    Un grand nombre de gens des environs s’étaient rassemblés au village en vue d’obtenir des guérisons, car des messagers s’étaient répandus partout, relatant le sauvetage des quatre captifs des hommes des neiges. Le jour suivant, nous assistâmes aux réunions et fûmes témoins de quelques
    guérisons remarquables. Une jeune femme d’une vingtaine d’années qui avait eu les pieds gelés l’hiver précédent les vit se rétablir. Il nous fut donné de voir sa chair se reformer à vue d’oeil jusqu’à ce que ses pieds fussent redevenus normaux et qu’elle fût en état de marcher parfaitement.
    Deux aveugles recouvrèrent la vue. L’un d’eux était, paraît-il, aveugle de naissance. Beaucoup de maux bénins furent guéris. Tous les malades paraissaient profondément impressionnés par les paroles des Maîtres.

    Après la réunion, nous demandâmes à Émile s’il se produisait beaucoup de conversions. Il répondit : Beaucoup de gens sont réellement aidés, ce qui excite leur intérêt.
    Certains se mettent au travail spirituel pour un temps : Mais la plupart ne tardent pas à retomber dans leurs anciennes habitudes. Ils mesurent l’effort à fournir, et celui-ci leur paraît trop grand. Ils vivent presque tous une vie facile et insouciante. Parmi ceux qui prétendent avoir la foi, un pour cent environ prend le travail au sérieux. Le reste compte entièrement sur autrui pour se faire aider en cas de difficulté. Telle est la cause essentielle de leurs ennuis. Ils affirment pouvoir aider quiconque désire de l’aide, mais sont incapables de faire le travail pour quiconque. Ils peuvent parler de l’abondance tenue en réserve pour leurs malades.
    Mais pour baigner réellement dans cette abondance, il faut l’accepter et la démontrer pour soi-même en accomplissant réellement les oeuvres de la vie sainte.

    1.15. Un contemporain de Jean-Baptiste


    Nous quittâmes le village le lendemain matin, accompagnés de deux habitants qui paraissaient avoir
    entrepris le travail spirituel. Le troisième soir, nous arrivâmes à un village situé à une vingtaine de kilomètres
    de celui de Jean-Baptiste. Je désirais vivement que mes camarades pussent compulser à leur tour les documents que j’avais vus. Nous décidâmes donc de séjourner dans le second village, et Jast nous y accompagna.

    Les écrits les impressionnèrent profondément et nous servirent à dresser une carte retraçant les voyages de Jean-Baptiste.


    Ce soir-là, le Maître qui accompagnait la quatrième section vint passer la nuit avec nous. Il nous apportait des messages de la première et de la troisième section. Il était né dans ce village et y avait grandi. C’étaient ses ancêtres qui avaient rédigé les documents, lesquels avaient toujours été conservés dans la famille. Il appartenait à la cinquième génération des descendants de l’auteur, et nul membre de sa famille n’avait subi l’expérience de la mort. Ils avaient tous
    emporté leurs corps avec eux et pouvaient revenir à volonté. Nous demandâmes si cela ne gênerait pas trop l’auteur des écrits de venir converser avec nous. Le Maître répondit que non, et il fut convenu que l’entretien aurait lieu le soirmême.


    Nous étions assis depuis peu de temps quand un homme paraissant âgé de trente-cinq ans apparut subitement dans la pièce. On nous le présenta, et nous lui serrâmes tous la main. Son aspect nous rendit muets d’étonnement, car nous nous attendions à voir quelqu’un de très âgé. Il était de
    taille moyenne avec des traits accusés, mais son visage était empreint de la plus profonde expression de bonté que j’eusse jamais rencontrée. Chacun de ses mouvements décelait sa
    force de caractère. Une lumière étrange émanait de tout son corps.


    Avant de se rasseoir, Émile, Jast, le Maître, et l’étranger se tinrent un moment les mains unies dans un parfait silence. Nous nous rassîmes tous, puis l’étranger qui était apparu si subitement dans la pièce prit la parole et dit :
    Vous avez demandé cet entretien pour mieux comprendre les documents qui vous ont été lus, et interprétés. C’est bien moi qui les ai rédigés et conservés. Ceux qui concernent la grande âme

    de Jean-Baptiste et qui ont paru tant vous surprendre relatent les événements réels de son séjour ici

    avec nous. Comme il est dit, c’était un homme de grand savoir et une puissante intelligence. Il perçut la vérité de notre doctrine, mais, apparemment, il ne put jamais l’assimiler complètement, car s’il l’avait fait, il n’aurait jamais connu la mort.

    Bien souvent je me suis trouvé assis dans cette chambre, écoutant parler Jean et mon père. C’est
    ici que Jean reçut une grande partie de son enseignement. C’est ici que mon père trépassa en emportant son corps, ce dont Jean fut témoin. Tous les membres de ma famille
    paternelle et maternelle ont emporté leur corps en trépassant. Ce trépas, ce passage, signifie que le corps est spirituellement parfait. On devient conscient du sens spirituel de la vie, du sens de Dieu, au point que l’on perçoit la vie de la même manière que Dieu. Alors on bénéficie du
    privilège de recevoir les plus hauts enseignements et l’on peut aider tout le monde.
    Nous ne descendons, jamais de ce royaume, Car ceux qui l’ont atteint n’ont pas le désir d’en déchoir. Ils savent tous que la vie est un progrès, un avancement. Il n’y a pas de
    recul, et nul ne désire revenir en arrière.

    Tous tendent la main pour aider ceux qui recherchent la lumière. Ils envoient continuellement des messages dans l’Universel.
    Dans toutes les parties du monde, il est aujourd’hui des enfants de Dieu réceptifs qui les interprètent. C’est
    essentiellement pour rendre ce genre de service que nous désirons atteindre ce royaume, cet état de conscience. Nous sommes tous capables et désireux d’aider de quelque manière. Nous pouvons parler aux esprits réceptifs, les instruire, et élever leur conscience soit directement, soit par
    un intermédiaire. Nous faisons tout cela. Mais un intermédiaire ne peut pas faire le travail pour d’autres ni les traîner indéfiniment. Il faut décider de faire le travail soi-même et passer à l’exécution. Alors on est libre et l’on compte sur soi-même.
    Jésus avait conscience que le corps est spirituel et indestructible. Quand tous atteindront cet état de conscience et s’y maintiendront, nous pourrons communiquer avec tous et répandre dans la masse l’enseignement que nous avons reçu. Nous jouissons du privilège de savoir que chacun peut
    accomplir les mêmes oeuvres que nous et résoudre tous les problèmes de la vie. Toutes les difficultés et les complications apparaîtront dans leur simplicité. Mon aspect n’est différent ni du vôtre ni de celui des gens que vous rencontrez tous les jours. Et je ne vois aucune différence
    entre vous et moi.


    Nous lui assurâmes que nous apercevions en lui quelque chose d’infiniment plus beau. Il répondit : Ce n’est que lemortel se comparant à l’immortel. Regardez donc la qualité divine de chaque homme sans le comparer à d’autres, et vous le trouverez semblable à moi. Recherchez le Christ sur tout visage et vous y ferez apparaître cette qualité divine.

    Nous évitons les comparaisons. Nous ne voyons que le Christ en tous et à tout instant. Ce faisant, nous sommes invisibles pour vous. Grâce à notre vision parfaite, nous voyons la perfection, tandis qu’avec votre vue imparfaite vous voyez l’imperfection.
    Notre doctrine vous paraîtra de nature inspirée jusqu’à ce que vous ayez pris contact avec un Maître capable de vous instruire et que vous aurez pu élever votre conscience au point de nous voir et de nous parler comme maintenant. Il n’y a nulle inspiration dans le fait de parler ou d’essayer de parler à quelqu’un. Notre enseignement conduit jusqu’au point où l’on-peut recevoir la véritable inspiration. Mais
    celle-ci provient exclusivement et directement de Dieu. Enlaissant Dieu s’exprimer par vous, vous vivrez avec nous.


    L’image idéale de la fleur dans ses plus infimes détails existe dans la graine. Il faut un processus continu de
    préparation pour que la graine croisse, se multiplie, s’épanouisse et se transforme en fleur parfaite. Quand
    l’image intérieure est achevée dans ses ultimes détails, la fleur apparaît dans sa magnificence. De même, Dieu tient dans sa pensée l’image idéale de chaque enfant, l’imageparfaite par laquelle il désire s’exprimer.


    Dans ce mode idéal d’expression, nous dépassons de beaucoup la fleur quand nous laissons Dieu s’exprimer à travers nous selon son propre idéal. C’est quand nous prenons les choses en main qu’elles commencent à se gâter.


    Cette doctrine s’applique à tous et non à une minorité. On nous a montré que nous n’étions pas différents de vous par nature, mais seulement par degré de compréhension.


    Tous les cultes, sectes en « isme », credo, et points de vue dogmatiques sont bons, car ils conduiront finalement leurs adeptes à la conclusion qu’il existe un facteur sous-jacent
    commun, réel et méconnu, une chose profonde qu’ils n’ont pas atteinte. Ou alors ils comprendront qu’ils n’ont pas pris contact avec les biens qui leur appartiennent de droit, et dont ils pourraient et devraient être légitimes propriétaires.
    C’est cela qui poussera l’homme en avant. Il sait qu’il y a quelque chose à posséder. Il ne le possède pas, mais pourrait le posséder. Cela le stimulera jusqu’à ce qu’il soit arrivé à ses fins.
    Voici comment s’effectuent les progrès dans tous les domaines.

    D’abord, l’idée du progrès est pressée hors de Dieu et introduite dans la conscience humaine. L’homme perçoit un but susceptible d’être atteint par ses efforts. C’est alors généralement qu’il commence ses bévues. Au lieu de reconnaître la source d’où l’idée émane, il se figure qu’elle provient entièrement de lui. Il s’écarte de Dieu au lieu de laisser Dieu exprimer par lui la perfection que Dieu conçoit pour lui. Il l’exprime à sa manière et produit imparfaitement la chose qui aurait dû être faite ou manifestée avec
    perfection.


    L’homme devrait avoir conscience que toute idée est une expression directe et parfaite de Dieu. Aussitôt qu’elle traverse son esprit, il devrait en faire un idéal exprimant Dieu, ne plus y apporter son grain de sel mortel, et laisser Dieu s’extérioriser à travers lui d’une façon parfaite. Alors l’idéal apparaîtrait sous forme parfaite. Dieu est au-dessusdu domaine mortel. Le matérialisme ne peut apporter aucune aide à Dieu. Si l’homme avait conscience de tout cela et agissait en conséquence, il ne tarderait pas à exprimer la
    perfection. Il faut absolument que l’humanité franchisse le stade où elle s’appuie sur les forces psychiques et mentales. Il faut qu’elle s’exprime directement à partir de Dieu. Les forces psychiques sont exclusivement créées par l’homme et de nature à le faire dévier du droit chemin.

    1.16.Âge et aspect des Maîtres. - Enquête sur le passage de
    Jean-Baptiste. - Disparition instantanée de la fatigue


    Le lendemain matin nous nous levâmes de bonne heure et fûmes prêts à six heures et demie pour le petit déjeuner. Au moment où nous traversions la rue qui séparait notre logement du local où nous prenions nos repas, nous rencontrâmes nos amis les Maîtres qui prenaient le même chemin. Ils marchaient et causaient entre eux comme de simples mortels. Ils nous saluèrent et nous exprimâmes notre surprise de les rencontrer ainsi.


    Ils répondirent : Nous ne sommes que des hommes semblables à vous. Pourquoi persistez-vous à nous
    considérer comme différents ? Nous ne différons de vous en rien. Nous avons simplement développé davantage les pouvoirs que Dieu donne à tous.


    Nous demandâmes alors : Pourquoi sommes-nous incapables d’accomplir les mêmes oeuvres que vous ? La
    réplique arriva : Et tous ceux avec qui nous entrons en contact, pourquoi ne nous suivent-ils pas et
    n’accomplissent-ils pas les oeuvres ? Nous ne pouvons ni ne désirons imposer nos méthodes. Chacun est libre de vivre et d’aller son chemin comme bon lui semble. Nous ne cherchons qu’à montrer le chemin facile et simple que nous avons essayé et trouvé très satisfaisant.


    Nous nous assîmes à table, et la conversation porta sur les événements de la vie courante.

    J’étais éperdu d’admiration. Quatre hommes étaient assis en face de nous.
    L’un d’eux avait achevé depuis près de deux mille ans la perfection de son corps et pouvait l’emmener où il voulait. Il avait vécu un millier d’années sur terre et conservait l’activité et la jeunesse d’un homme de trente-cinq ans.

    À côté de lui était un homme issu de la même famille, mais plus jeune de cinq générations. Bien qu’ayant vécu plus de sept cents ans sur terre, il ne paraissait pas avoir atteint la quarantaine. Son ancêtre et lui pouvaient s’entretenir comme deux hommes ordinaires et ils ne s’en privaient pas.


    Puis venait Émile, qui avait déjà vécu plus de cinq cents ans et en paraissait soixante. Enfin Jast, qui avait quarante ans et les paraissait. Tous quatre causaient comme des
    frères, sans le moindre sentiment de supériorité. Malgré leur aimable simplicité, chacune de leurs paroles dénotait une logique parfaite 
    et montrait qu’ils connaissaient leur sujet à fond. Ils ne présentaient trace ni de mythe ni de mystère. Ils se présentaient comme des hommes ordinaires

    dans leurs affaires courantes. J’avais cependant peine à croire qu’il ne s’agissait pas d’un rêve.


    Après le repas, l’un de mes camarades se leva pour payer l’addition. Émile dit : Vous êtes ici nos hôtes. Et il tendit à la tenancière une main que nous croyions vide. À l’examen, nous vîmes qu’elle contenait le montant exact de la note. Les Maîtres n’emportent pas d’argent sur eux et n’ont besoin de personne pour leur en fournir. En cas de besoin, l’argent est à portée de la main, tiré directement de la Substance Universelle.


    En sortant de l’auberge, le Maître qui accompagnait la cinquième section nous serra la main en disant qu’il lui fallait retourner à son groupe, puis il disparut. Nous notâmes l’heure exacte de sa disparition et nous pûmes vérifier plus tard qu’il avait rejoint sa section moins de dix minutes après nous avoir quittés.


    Nous passâmes la journée avec Émile, Jast, et notre « ami des archives », comme nous l’appelions, à nous
    promener dans le village et les environs. Notre ami nous raconta avec force détails certaines circonstances du séjour de douze ans de Jean-Baptiste dans le village. En fait, ces histoires nous étaient présentées d’une manière si vivante que nous eûmes l’impression de revivre un obscur passé, parlant et marchant avec Jean.

    Jusqu’alors, nous avions toujours considéré cette grande âme comme un caractère
    mythique évoqué magiquement par des mystificateurs. À partir de ce jour, il devint pour moi un vrai caractère vivant. Je me l’imagine comme si je pouvais le voir, se promenant comme nous dans le village et aux environs, et recevant de ces grandes âmes un enseignement dont il n’arrivait pas à
    saisir complètement les vérités fondamentales.


    Pendant toute la journée, nous allâmes de-ci de-là, nous
    écoutâmes d’intéressants récits historiques, nous
    entendîmes la lecture et la traduction de documents sur le
    lieu même où les faits relatés s’étaient passés des milliers
    d’années plus tôt. Puis nous rentrâmes au village juste avant
    la tombée de la nuit, recrus de fatigue.


    Nos trois amis n’avaient pas fait un pas de moins que nous, mais ne montraient pas le moindre signe de lassitude. Tandis que nous étions couverts de boue, de poussière, et de sueur, ils étaient frais et dispos, et leurs vêtements blancs restaient immaculés comme au départ. Nous avions déjà noté, au cours de nos voyages, que les vêtements des Maîtres ne se salissaient jamais, et nous en avions souvent fait la
    remarque, mais sans obtenir de réponse.


    Ce soir-là, la question fut renouvelée, et notre ami des archives répliqua : Cela vous étonne, mais nous sommes encore bien plus étonnés du fait qu’un grain de substance créé par Dieu puisse adhérer à une autre création de Dieu à laquelle il n’appartient pas, à un endroit où il n’est pas désiré. Avec une conception juste, cela ne pourra pas arriver, car aucune parcelle de la Substance de Dieu ne peut
    se trouver placée à un mauvais endroit.


    Une seconde plus tard, nous constatâmes que nos vêtements et nos corps étaient aussi propres que ceux des Maîtres. La transformation - et c’en était une - avait eu lieu instantanément pour mes camarades et moi. Toute trace de fatigue nous avait quittés, et nous nous sentîmes aussi
    reposés que si nous venions de nous lever et de prendre un bain. Telle fut la réponse à toutes nos questions.


    Je crois que nous nous retirâmes cette nuit-là avec le
    sentiment de paix le plus profond que nous eussions encore
    ressenti depuis le début de notre séjour avec les Maîtres.
    Notre crainte respectueuse se transformait rapidement en
    un profond amour pour ces coeurs bons et simples qui
    faisaient tant de bien à l’humanité. Ils qualifiaient tous les
    hommes de frères, et nous commençâmes aussi à les
    considérer comme tels. Ils ne s’attribuaient aucun mérite,
    disant toujours que c’était Dieu qui s’exprimait à travers
    eux.
    « De moi-même, je ne peux rien faire. Le Père qui
    demeure en moi fait seul les oeuvres. »

    Remarque : Il y a longtemps que j'ai pu lire la version originale avec des illustrations. En lisant un paragraphe sur l'Amérique tel que Baird Thomas Spalding la décrit, je suis fort étonnée de la façon dont il considère ce continent mais il est né en Californie. Je retrouve dans les explications de Baird Spalding, des formules chrétiennes ou théosophiques. En faisant des recherches sur la toile, aucune carte géographique quant au voyage au Népal et dans l'Himalaya et pourtant, il me semble, si mes souvenirs sont bons que dans la première version française de cet ouvrage existait une carte et de même la photo de plusieurs maîtres. Enfin, j'ai pu retrouvé la photo de Jast ou Krupa Rao que voici :

     

    Traces du passage de Jean-Baptiste page 75 à 84

     

    Ce livre, constitue par certains passages, une aventure intérieure spirituelle. Il est principalement basé sur la chrétienté. On reste sur sa soif quant aux lieux dont il est parlé sans précision géographique... Notamment sur le chapitre parlant du temple datant de 12.000 ans : aucune situation géographique et pourtant cela ne pouvait nuire en rien de situer précisémment ce voyage. Les maîtres en question ne pouvant être en danger au vu de leur pouvoir : pourquoi Baird Spalding ne situe pas son voyage de façon précise alors que l'équipe participante "scientifique" font une étude qui devrait être précise... Il serait intéressant d'en savoir plus quant aux autres participants qui semblent quant à eux n'avoir laissé aucune trace écrite de cette expédition. Néanmoins, ce livre a traversé le monde et fut publié à des millions d'exemplaires. Cependant, on ne peut nier d'un apport intérieur, pas encore à ce stade de lecture où nous sommes actuellement, aussi nous poursuivons ce travail de lecture pour relever des éléments édifiants pour certains et pour d'autres, il ne s'agit que d'onirisme et de phantasmes... J'espère quant à moi, pouvoir retrouver une version ancienne de ce livre afin d'y voir ce que j'y ai vu il y a quelques dizaines d'années, à une époque où seul le Dieu créateur me fascinait en tant que Père et où, j'avais une admiration pour le Christ sans comprendre qu'il fallait passer par Lui pour "rencontrer le Père divin", ni le pourquoi de son sacrifice Lui ayant de nombreux pouvoirs, n'ayant pas assimilé la compréhension pratique de la résurrection. Il faut dire que dans la vie, nous sommes parfois bien surpris de n'avoir jamais prié pour rien lorsque l'on est priant et qu'on l'est devenu parce que l'on a ressenti un jour la puissance d'un Amour Divin d'une telle manière qu'Il vous marque à laisser son empreinte et vous portant toute une vie.

    Coline

     

     


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  • Page 85 à 100

    1.17. Paresse spirituelle d’un aubergiste. - Un temple sur
    une cime. - La vision des rayons et des spectres


    Le lendemain matin, toutes nos facultés étaient, alertées
    par l’attente de la révélation que ce jour allait nous
    apporter.

    Nous commencions à considérer chaque journée
    en elle-même comme le développement d’une révélation, et
    nous avions le sentiment d’effleurer seulement le sens
    profond de nos expériences.

    Au petit déjeuner, on nous
    informa que nous irions à un village situé plus haut dans la
    montagne. De là, nous irions visiter le temple situé sur l’une
    des montagnes que j’avais aperçues du toit du temple
    précédemment décrit. Il ne serait pas possible de faire plus
    de vingt-cinq kilomètres à cheval. Il fut convenu que deux
    villageois nous accompagneraient sur cette distance, puis
    conduiraient les chevaux à un autre petit village où ils les
    garderaient en attendant notre retour. Les choses se
    passèrent comme prévu. Nous confiâmes les chevaux aux
    villageois et nous commençâmes l’ascension de l’étroit
    sentier de montagne qui conduisait à notre village de
    destination. Certaines parties du sentier étaient des marches
    taillées dans la pierre.
    Nous campâmes cette nuit-là près d’une auberge située
    sur une crête, à mi-chemin entre le point où nous avions
    quitté les chevaux et le village de destination. L’aubergiste
    était un vieillard gros et jovial. En fait, il était tellement
    gras et dodu qu’il avait plutôt l’air de rouler, que de
    marcher, et il était difficile d’affirmer qu’il eût des yeux. Dès
    qu’il reconnut Émile, il demanda à être guéri, disant que si
    on, ne lui portait pas secours il allait sûrement mourir. Nous
    apprîmes que le service de cette auberge était assuré de père
    en fils depuis des centaines d’années. L’aubergiste lui-même
    était en fonction depuis soixante-dix ans.
    À ses débuts, il avait été guéri d’une tare congénitale,
    réputée incurable, et s’était mis activement au travail
    spirituel pendant deux ans. Ensuite, il s’en était peu à peu
    désintéressé et avait commencé à compter sur autrui pour le
    tirer de ses difficultés. Cela dura une vingtaine d’années
    pendant lesquelles il parut jouir d’une santé impeccable.
    Soudain, il retomba dans ses anciens errements sans vouloir
    faire l’effort de sortir de sa prétendue léthargie. Ce n’était
    qu’un cas typique parmi des milliers d’autres. Ses congénères vivent sans se donner de mal. Tout effort devient vite un fardeau insupportable pour eux. Ils s’en
    désintéressent, et leurs prières d’appel à l’aide deviennent
    mécaniques au lieu d’être formulées avec un sens profond ou
    un désir intime.


    Nous partîmes de très bonne heure le lendemain matin,
    et à quatre heures de l’après-midi nous étions arrivés à
    destination. Le temple était perché sur un sommet rocheux
    presque à la verticale du village. La paroi rocheuse était si
    abrupte que la seule voie d’accès consistait en un panier
    attaché à une corde. On descendait le panier grâce à une
    poulie supportée par une poutre de bois fixée aux rochers.
    Une extrémité de la corde s’enroulait sur un treuil, l’autre
    passait sur la poulie et supportait le panier. Le panier
    servait à monter aussi bien qu’à descendre. Le treuil était
    placé dans une petite chambre taillée dans le roc d’un
    surplomb. La poutre qui portait la poulie débordait de
    manière que le panier puisse descendre sans heurter le
    surplomb. À la remontée, quand le panier avait franchi le
    surplomb, on lui imprimait un balancement qui permettait
    d’aborder en sécurité sur le surplomb et d’entrer dans la
    petite pièce taillée dans le roc. Le surplomb était si accusé
    que le panier se promenait dans l’air à une vingtaine de
    mètres de la paroi.
    À un signal donné, on fit descendre le panier et nous
    fûmes hissés un par un jusqu’au surplomb, à cent trente
    mètres de hauteur. Une fois là, nous cherchâmes un sentier
    pour monter jusqu’au, temple, situé cent soixante-quinze
    mètres plus haut, et dont les murs faisaient suite à la paroi
    rocheuse. On nous informa que la seconde ascension se
    ferait comme la première. En effet, nous vîmes émerger du
    temple une poutre semblable à celle du surplomb. On envoya
    une corde qui fut attachée au même panier, et nous fûmes à
    nouveau hissés un par un jusque sur la terrasse du temple.
    J’eus encore une fois l’impression de me trouver sur le
    toit du monde. Le sommet rocheux qui supportait le temple
    dominait de trois cents mètres toutes les montagnes
    environnantes. Le village d’où nous étions partis se trouvait
    trois cents mètres plus bas, au sommet d’un col où l’on
    passait pour traverser les Himalayas. Le niveau du temple
    était inférieur de trois cent cinquante mètres à celui du
    temple que j’avais visité avec Émile et Jast, mais ici la vue
    était beaucoup plus étendue. Il nous semblait que nous
    pouvions regarder dans l’espace infini.

     

    On nous installa confortablement pour la nuit. Nos trois
    amis nous informèrent qu’ils allaient rendre visite à
    quelques groupes de nos camarades et qu’ils étaient
    disposés à emporter tout message de notre part. Nous
    écrivîmes donc à tous nos camarades en indiquant avec soin
    la date, l’heure, et la localité. Nous gardâmes copie de nos
    messages et nous eûmes l’occasion de constater plus tard
    que tous avaient été remis aux destinataires moins de vingt
    minutes après avoir quitté nos mains. Quand nous eûmes
    donné les messages à nos amis, ils nous serrèrent la main en
    nous disant au revoir jusqu’au lendemain matin, puis
    disparurent un à un.
    Après un bon dîner servi par les gardiens, nous nous
    retirâmes pour la nuit, mais sans pouvoir dormir, car nos
    expériences commençaient à nous impressionner
    profondément. Nous étions à trois mille mètres d’altitude,
    sans une âme à proximité, excepté les desservants, et sans
    autre bruit que le son de nos propres voix. L’air était
    absolument immobile.


    L’un de nos camarades dit : Il n’y a rien d’étonnant à ce
    qu’on ait choisi l’emplacement de ces temples comme lieu de
    méditation. Le silence est tellement intense qu’on le croirait
    tangible. Ce temple est certainement un bon endroit de
    retraite. Je vais sortir pour jeter un coup d’oeil aux
    alentours.
    Il sortit, mais rentra peu après en disant qu’il y avait un
    épais brouillard et qu’on n’y voyait rien. Mes deux
    camarades s’endormirent bientôt, mais j’avais de l’insomnie.
    Je me levais donc, m’habillais, montais sur le toit du temple, et
    m’assis les jambes pendant à l’extérieur de la muraille. Il y
    avait juste assez de clair de lune filtrant à travers le
    brouillard pour dissiper l’obscurité complète qui aurait
    prévalu sans cela. La faible lumière lunaire donnait du relief
    aux grands bancs de brouillard dont les ondulations se
    déroulaient à proximité. Elle rappelait que l’on n’était pas
    suspendu dans l’espace, qu’il y avait quelque chose plus bas,
    que le sol existait toujours, et que l’endroit où j’étais assis
    était relié à la terre.


    Soudain J’eus une vision. Je vis un grand faisceau
    lumineux dont les rayons s’étalaient en éventail et
    s’élargissaient vers moi. J’étais assis à peu près au milieu de
    l’éventail. Le rayon central était le plus brillant. Chaque
    rayon continuait son trajet jusqu’à ce qu’il illuminât une
    partie bien déterminée de la terre.

    Puis les rayons se fondaient tous en un grand rayon blanc.

    Ils convergeaient en un point central de lumière blanche si intense qu’elle
    paraissait transparente comme du cristal. J’eus alors
    l’impression de planer dans l’espace au-dessus de ce
    spectacle. En regardant vers la source lointaine du rayon
    blanc, j’aperçus des spectres d’un passé immensément
    reculé. Ils avancèrent en nombre croissant et en rangs
    serrés jusqu’à un endroit où ils se séparèrent. Ils
    s’éloignèrent de plus en plus les uns des autres jusqu’à
    remplir le rayon lumineux et à couvrir la terre. Ils
    paraissaient tous émaner du point blanc central, d’abord un
    par un, puis deux par deux, puis quatre par quatre, et ainsi
    de suite jusqu’au point de divergence où ils étaient plus de
    cent côte à côte, déployés en un éventail serré. Au point de
    divergence, ils s’éparpillaient, occupaient tous les rayons, et
    marchaient sans ordre, chacun à son idée. Le moment où ils
    eurent couvert toute la terre coïncida avec le maximum de
    divergence des rayons. Puis les formes spectrales se
    rapprochèrent progressivement les unes des autres. Les
    rayons convergèrent vers leur point de départ, où les formes
    entrèrent de nouveau une à une, ayant ainsi complété leur
    cycle. Avant d’entrer, elles s’étaient regroupées côte à côte
    en un rang serré d’une centaine d’âmes. À mesure qu’elles
    avançaient, leur nombre diminuait jusqu’à ce qu’il n’y en eût
    plus qu’une, et celle-là entra seule dans la lumière.
    Je me levai brusquement, avec l’impression que, l’endroit
    manquait de sécurité pour, rêver, et je regagnai mon lit, où
    je ne tardai pas à m’endormir.

     

    1.18.Lever de soleil au temple. - Suppression de la
    pesanteur. - Coucher de soleil extraordinaire. -
    L’immaculée conception


    Nous avions prié l’un des gardiens de nous réveiller aux
    premières lueurs de l’aube. Il frappa à notre porte alors qu’il
    me semblait avoir à peine eu le temps de dormir. Nous
    bondîmes tous hors de nos lits, tant nous étions anxieux de
    voir le lever du soleil du haut de notre perchoir.

    Nous fûmes habillés en un rien de temps et nous nous ruâmes vers la
    terrasse comme trois écoliers impatients. Nous fîmes tant de
    bruit que nous effrayâmes les gardiens, qui vinrent en hâte
    voir si nous avions gardé notre bon sens. Je pense que
    jamais vacarme semblable n’avait troublé la paix de ce vieux
    temple depuis sa construction, c’est-à-dire depuis plus de dix
    mille ans. En fait, il était si ancien qu’il faisait corps avec le
    rocher sur lequel il reposait.


    En arrivant sur la terrasse, les recommandations de
    calme devinrent inutiles. Dès le premier coup d’oeil, mes
    deux camarades restèrent bouche bée, les yeux grands
    ouverts. Je suppose que j’en fis autant. J’attendais qu’ils
    parlassent lorsqu’ils s’écrièrent presque ensemble : « Mais
    nous sommes certainement suspendus dans l’air. » Leur
    impression était exactement la même que celle que j’avais
    eue dans l’autre temple. Ils avaient oublié un instant que
    leurs pieds reposaient sur le sol et avaient la sensation de
    flotter dans l’atmosphère. L’un d’eux remarqua : « Je ne
    m’étonne pas que les Maîtres puissent voler après avoir
    ressenti cette sensation. »


    Un bref éclat de rire nous tira de nos pensées. Nous nous
    retournâmes et vîmes immédiatement derrière nous Émile,
    Jast, et notre ami des documents. Un de mes camarades
    voulut serrer toutes leurs mains à la fois et s’écria : « C’est
    merveilleux. Il n’y a rien d’étonnant à ce que vous puissiez
    voler après avoir séjourné ici ! »

    Ils sourirent, et l’un d’eux
    dit : « Vous êtes aussi libres de voler que, nous. Il vous suffit
    de savoir que vous avez le pouvoir intérieur de le faire, puis
    de vous en servir. »


    Nous contemplâmes le paysage. Le brouillard s’était
    abaissé et flottait en grands rouleaux de houle. Mais il était
    encore assez haut pour qu’aucun mètre carré de terre ne fût
    visible. Le mouvement des bancs de brouillard nous donnait  

    la sensation d’être emportés sur des ailes silencieuses. En
    regardant au loin, on perdait tout sens de la gravitation, et
    il était difficile de s’imaginer que l’on ne planait pas dans
    l’espace. Personnellement, j’avais si bien perdu le sens de la
    pesanteur que je flottais au-dessus du toit. Au bruit d’une
    voix, j’y retombai si rudement que je ressentis un choc dont
    les effets mirent plusieurs jours à se dissiper..


    Ce matin-là, nous décidâmes de rester trois jours au
    temple ; n’ayant plus qu’un seul endroit intéressant à visiter
    avant de retrouver les autres sections.

    Émile avait apporté des messages. L’un d’eux nous informait que la section de
    notre chef avait visité notre temple trois jours seulement
    auparavant. Après le petit déjeuner, nous sortîmes pour voir
    le brouillard se dissiper graduellement. Nous l’observâmes
    jusqu’à disparition complète et apparition du soleil. On
    voyait le petit village niché sous la falaise de la vallée
    s’étendant au loin.


    Nos amis ayant décidé de visiter le village, nous
    demandâmes la permission de les accompagner. Ils
    répondirent par l’affirmative en riant et nous conseillèrent
    de nous servir du panier, disant qu’ainsi nous aurions, à
    l’arrivée, un aspect plus présentable que si nous tentions
    d’employer leur mode de locomotion. On nous descendit
    donc un à un sur le surplomb et, de là, sur le petit plateau
    qui dominait le village. À peine le dernier de nous avait-il
    sauté du panier que nos amis étaient là. Nous descendîmes
    tous ensemble au village, où nous passâmes la majeure
    partie de la journée.
    C’était un vieux village bizarre, caractéristique de ces
    régions montagneuses. Il comprenait une vingtaine de
    maisons creusées dans la paroi de la falaise. Les ouvertures
    se bouchaient avec des dalles de pierre. On avait adopté ce
    mode de construction pour éviter que les maisons ne
    s’écrasent sous le poids des neiges hivernales. Les villageois
    ne tardèrent pas à se rassembler. Émile leur parla quelques
    instants et il fut convenu qu’une réunion aurait lieu le
    lendemain après-midi. Des messagers furent envoyés pour
    prévenir les gens du voisinage désireux d’y assister.
    On nous informa que Jean-Baptiste avait vécu dans ce
    village et reçu certains enseignements dans le temple.
    Celui-ci était exactement dans le même état qu’à cette
    époque. On nous montra l’emplacement de la maison que
    Jean avait habitée, mais qui avait été détruite. Quand nous
    retournâmes au temple en fin de journée, le temps s’était clarifié, et l’on pouvait apercevoir une vaste région. On nous montra les chemins que Jean suivait pour se rendre aux
    villages environnants. Le temple et son village avaient été
    bâtis six mille ans au moins avant la visite de Jean. On nous
    fit voir notre chemin de départ, qui était en service depuis la
    même époque. Vers cinq heures du soir, notre ami des
    documents nous serra la main en disant qu’il allait
    s’absenter, mais reviendrait bientôt. Aussitôt après il
    disparut.


    Ce soir-là, nous assistâmes du toit du temple au plus
    extraordinaire coucher de soleil que j’aie jamais vu, et
    cependant j’ai eu la bonne fortune d’en voir dans presque
    tous les pays du monde. À la tombée du soir, une légère
    brume couvrit une petite chaîne de montagnes bordant une
    vaste zone de plateaux sur lesquels notre regard pouvait
    plonger. Quand le soleil atteignit cette bordure, il sembla la
    dominer de si haut que nous contemplions une mer d’or en
    fusion. Puis vint le crépuscule qui enflamma tous les hauts
    sommets. Les montagnes neigeuses du lointain étincelaient.
    Les glaciers, ressemblaient à d’immenses langues de feu.
    Toutes ces flammes rejoignaient les diverses tonalités du
    ciel et paraissaient s’y fondre.

    Les lacs parsemant la plaine
    ressemblèrent soudain à des volcans lançant des feux qui se
    mêlaient aux couleurs du ciel. Pendant un moment, nous
    eûmes l’impression de nous trouver au bord d’un enfer
    silencieux, puis l’ensemble se fondit en une seule harmonie
    de couleurs, et une soirée douce et tranquille tomba sur le
    paysage. La paix qui s’en dégageait était indicible.
    Nous restâmes assis sur la terrasse jusqu’à minuit,
    bavardant et posant des questions à Émile et à Jast.

    Ces questions portaient surtout sur l’ethnographie et l’histoire
    générale du pays. Émile nous fit de nombreuses citations de
    documents connus des Maîtres. Ces documents prouvent que
    le pays était habité des milliers d’années avant nos temps
    historiques.
    Émile finit par dire : Je ne voudrais ni dénigrer votre
    histoire ni faire bon marché de vos historiens. Mais ceux-ci
    ne sont pas remontés assez loin dans le passé. Ils ont admis
    que l’Égypte signifiait ténèbres extérieures ou désert,
    comme son nom l’indique. En réalité, ce nom signifie
    « désert de pensée ».

    À l’époque égyptienne comme
    aujourd’hui, une grande partie du monde vivait dans un
    désert de pensée, et vos historiens n’ont pas recherché le sens caché de cette formule pour l’approfondir. Ils ont accepté et relaté les témoignages superficiels des yeux et
    des oreilles. Ce fut le début de votre histoire. Il est très
    difficile de la relier à la nôtre. Je ne vous demande pas de
    considérer la nôtre comme authentique, mais je suggère que
    vous choisissiez librement entre les deux.


    La lune apparut alors ronde et pleine au-dessus des
    montagnes qui barraient l’horizon dans le lointain. Nous
    restâmes à la contempler jusqu’à ce qu’elle fût presque au
    zénith. Le spectacle était magnifique. De légers nuages
    passaient de temps à autre devant une montagne voisine un
    peu plus haute que le temple. Quand ils passaient près de la
    lune, nous avions l’impression de nous déplacer avec elle
    devant les nuages immobiles. Cela dura une heure.


    Soudain, nous entendîmes derrière nous un bruit
    semblable à celui de la chute d’un corps. Nous nous levâmes
    pour regarder, et voici qu’une vieille dame d’un certain âge
    était là et nous demanda en souriant si elle nous avait
    effrayés. Nous eûmes d’abord l’impression qu’elle avait sauté
    du parapet sur la terrasse, mais elle avait simplement frappé
    du pied pour attirer notre attention, et l’intensité du silence
    avait amplifié le son. Émile s’avança rapidement pour la
    saluer et nous présenta sa soeur. Elle sourit et demanda si
    elle avait dérangé nos rêves.


    Nous nous rassîmes, et la conversation s’orienta sur les
    réminiscences de ses expériences et de son travail dans la
    vie sainte. Elle avait trois fils et une fille, tous éduqués dans
    le même esprit. Nous lui demandâmes si ses enfants
    l’accompagnaient. Elle répondit que les deux plus jeunes ne
    la quittaient jamais. Nous demandâmes à les voir. Elle
    répondit qu’ils étaient précisément libres, et aussitôt deux
    personnages apparurent, un homme et une femme. Ils
    saluèrent leur oncle et leur mère, puis s’avancèrent pour
    être présentés à mes deux camarades et à moi. Le fils était
    un grand gaillard bien droit et d’aspect mâle. Il paraissait
    trente ans. La fille était plutôt petite, mince, avec des traits
    ravissants. C’était une belle jeune fille bien équilibrée,
    paraissant avoir vingt ans. Nous apprîmes plus tard que le
    fils avait cent quinze ans et la fille cent vingt-huit. Ils
    devaient assister à la réunion du lendemain et ne tardèrent
    pas à descendre.


    Après leur départ, nous complimentâmes leur mère à
    leur sujet. Elle se tourna vers nous et répondit : Tout enfant est bon et parfait à sa naissance.

    Il n’en est point de mauvais. Peu importe que leur conception ait été parfaite et
    immaculée ou au contraire matérielle et sensuelle. L’enfant
    de la conception immaculée reconnaît très tôt sa filiation
    avec le Père. Il sait qu’il est le Christ fils de Dieu. Il se
    développe rapidement et ne conçoit que la perfection.


    L’enfant conçu par la voie des sens peut aussi reconnaître
    immédiatement sa filiation, percevoir que le Christ demeure
    également en lui, et réaliser sa perfection en faisant du
    Christ son idéal. Il contemple cet idéal, l’aime et le chérit, et
    à la fin il manifeste ou reproduit l’objet de ses pensées. Il est
    né de nouveau, il est parfait. Il a fait ressortir sa perfection
    intérieure qui avait toujours existé. Le premier s’en est tenu
    à l’idéal, et il est parfait. Le second a perçu l’idéal et l’a
    développé. Tous deux sont parfaits. Aucun enfant n’est
    mauvais. Tous sont bons et viennent de Dieu.
    L’un de nous suggéra alors qu’il était temps de se
    coucher, car il était plus de minuit.

    1.19.Écritures saintes. - Lecture aux bergers


    Le lendemain matin, à cinq heures, nous étions tous
    réunis sur la terrasse du temple. Après les salutations
    d’usage, nous nous installâmes à la ronde, et, selon la
    coutume, on lut des extraits d’écritures sacrées.

    Cmatin-là, les extraits avaient été choisis parmi les
    documents du temple. Jast les traduisit. Nous eûmes la
    surprise de constater que la première citation correspondait
    au premier chapitre de l’Évangile selon saint Jean, et la
    deuxième au premier chapitre de l’Évangile selon saint Luc.
    Nous demandâmes à chercher nos bibles pour comparer. On
    nous le permit volontiers. Jast nous aida à faire les
    parallèles, et nous fûmes tous surpris de la similitude des
    deux Écritures.


    À peine avions-nous terminé que la cloche du repas
    matinal sonna. Nous rentrâmes tous à l’intérieur. Après le
    repas, nous nous préparâmes à descendre au village et ne
    pensâmes plus aux parallèles. Au village, nous trouvâmes
    une assemblée nombreuse de gens du voisinage.

    Jast nous dit que c’étaient principalement des bergers qui
    conduisaient leurs troupeaux en été dans les hauts
    pâturages, et que le moment de redescendre vers les vallées
    basses approchait rapidement. C’était une coutume de réunir
    annuellement ces gens peu de temps avant leur départ.
    En traversant le village, nous rencontrâmes le neveu
    d’Émile, qui nous suggéra de faire une promenade avant le
    déjeuner. Nous acceptâmes volontiers, car nous avions envie
    de connaître les environs. Au cours de la promenade, il nous
    montra de loin divers villages de la vallée, qui présentaient
    un intérêt spécial. Leurs noms une fois traduits
    ressemblaient beaucoup à ceux des premiers chapitres de la
    Bible. Mais la vraie signification de l’ensemble nous apparut
    seulement plus tard, après que nous eûmes repris le chemin
    du village, déjeuné, et pris place à la réunion.


    Il y avait environ deux cents personnes assemblées
    quand nos amis du temple apparurent. Le neveu d’Émile se
    dirigea vers deux hommes qui tenaient un objet ressemblant
    à un gros livre. Quand ils l’ouvrirent, nous vîmes que c’était
    une boîte en forme de livre. Elle contenait des paquets de
    feuillets semblables à des pages de livre. Le père du neveu
    d’Émile en choisit un, et l’on plaça la boîte sur le sol.

    Il le donna au premier homme, qui l’ouvrit. Ensuite, il lui passa
    les feuillets un à un. Après lecture, il les donnait au
    deuxième homme qui les remettait dans la boîte.


    Là lecture se poursuivit avec Jast pour interprète. Nous
    ne tardâmes pas à nous rendre compte que l’histoire lue
    ressemblait d’une manière frappante à l’Évangile selon saint
    Jean, mais avec beaucoup plus de détails. Suivirent des
    feuillets semblables à l’Évangile de Luc, puis d’autres
    semblables à celui de Marc, et enfin d’autres semblables à
    celui de Matthieu.


    Après la lecture, les auditeurs se réunirent en petits
    groupes. Quant à nous, avec Jast, nous cherchâmes Émile
    pour lui demander des explications d’ensemble. Il nous
    informa que ces documents étaient lus à chaque assemblée
    annuelle, et que le village était le centre du pays qui avait
    été jadis le théâtre de ces scènes. Nous lui fîmes remarquer
    leur similitude avec les histoires relatées dans la Bible. Il
    nous dit que beaucoup d’histoires de l’Ancien Testament
    étaient tirées des documents que nous venions de voir, mais
    que les scènes plus récentes, comme celle de la crucifixion,
    s’étaient passées ailleurs qu’ici. Néanmoins, l’ensemble était
    centré sur la naissance et la vie du Christ. Le thème
    principal portait sur la recherche du Christ dans l’homme, et
    cherchait à montrer aux égarés, éloignés de cet idéal, que le
    Christ vivait toujours en eux.

    Émile en vint même à dire que
    le lieu des événements n’avait aucune importance parce que
    le désir des Maîtres consistait surtout à perpétuer le sens
    spirituel des événements.
    Nous employâmes le reste de la journée et le lendemain à
    faire des comparaisons et à prendre des notes. Faute de
    place, je ne puis les reproduire ici. Le lecteur comprendra le
    sens spirituel de l’histoire des feuillets en relisant les
    chapitres cités de la Bible.

    Nous découvrîmes que le père du
    neveu d’Émile, qui avait fait la lecture, descendait en ligne
    droite du père de Jean-Baptiste. C’était la coutume qu’un
    membre de sa famille lut les documents à cette assemblée. Le
    temple où nous logions avait été un lieu d’adoration pour
    Jean et Zacharie.


    Nos amis manifestèrent le désir d’aller leur chemin.
    Nous convînmes donc que Jast resterait avec nous et que les
    autres s’en iraient. Le lendemain nous achevâmes de lire les
    documents, et le surlendemain nous partîmes à notre tour.
    Bien que l’heure fût très matinale, presque tous les
    villageois s’étaient levés pour nous souhaiter bon voyage.

    1.20.Le village natal d’Émile. - La mère du Maître


    Pendant les cinq jours suivants, notre chemin traversa le
    pays jadis parcouru par Jean. Au cinquième jour, nous
    arrivâmes au village où nos chevaux nous attendaient. Émile
    était là, et à partir de ce moment le voyage fut relativement
    aisé, jusqu’à notre arrivée à son village natal. À l’approche
    de ce village, nous observâmes que le pays était plus peuplé.
    Routes et pistes étaient les meilleures que nous eussions
    rencontrées jusqu’ici.


    Notre chemin longeait une vallée fertile que nous
    remontâmes jusqu’à un plateau. Nous remarquâmes que la
    vallée se resserrait de plus en plus. À la fin, les parois se
    rapprochaient de la rivière au point que la vallée ne formait
    plus qu’un ravin : Vers quatre heures de l’après-midi, nous
    arrivâmes soudain devant une falaise verticale d’une
    centaine de mètres de hauteur d’où la rivière tombait en
    cascade. La route conduisait à un endroit plat, au pied de la
    falaise de grès, près de la cascade. Un tunnel s’ouvrait dans
    la paroi et montait à quarante-cinq degrés jusqu’au plateau
    supérieur. On avait taillé des marches dans le tunnel, de
    sorte que la montée était aisée.


    De grandes dalles de pierre étaient préparées pour
    boucher le cas échéant l’ouverture inférieure du tunnel et
    présenter ainsi une barrière formidable à une attaque
    éventuelle. En arrivant au plateau supérieur, nous
    constatâmes que l’escalier souterrain en constituait le seul
    accès possible à partir du ravin. Autrefois il y avait eu trois
    chemins d’accès, mais le rempart extérieur du village avait
    été construit de manière à en boucher deux. Beaucoup de
    maisons du village étaient adossées à ce rempart. Elles
    avaient alors généralement trois étages, mais sans
    ouvertures dans le rempart avant le troisième étage. Chaque
    ouverture comportait un balcon assez large pour que deux
    ou trois personnes puissent s’y tenir à l’aise et observer
    continuellement les environs.


    On nous raconta que le district avait été jadis habité par
    une tribu indigène qui s’était isolée du monde jusqu’au point
    de disparaître en tant que tribu. Les rares survivants
    s’étaient agrégés à d’autres tribus. Tel était le village natal
    d’Émile et le lieu de rendez-vous des membres de notre expédition, qui s’étaient répartis en petits détachements pour couvrir plus de territoire.


    Une enquête nous révéla que nous étions les premiers
    arrivants, et que les autres suivaient à vingt-quatre heures.
    On nous assigna pour logement une maison du village
    adossée au rempart. Les fenêtres du troisième étage avaient
    vue au midi sur des plissements montagneux. On nous
    installa confortablement et l’on nous informa que le souper
    serait servi au rez-de-chaussée. En descendant, nous
    trouvâmes assis à table la soeur d’Émile, son mari, et leurs
    deux enfants que nous avions rencontrés au temple, ainsi
    qu’Émile lui-même.


    À peine avions-nous fini de souper que nous entendîmes
    du bruit dans le petit square situé en face de la maison. Un
    villageois vint avertir que l’un des autres détachements
    venait d’arriver. C’étaient les compagnons de notre chef
    Thomas. On leur servit à dîner, on les installa pour la nuit
    avec nous, puis nous montâmes tous sur la terrasse du toit.
    Le soleil était couché, mais le crépuscule durait encore.


    Nous avions vue sur un bassin où affluaient par des
    gorges profondes des torrents provenant des montagnes
    environnantes. Ces torrents, se jetaient tous dans a rivière
    principale juste avant que celle-ci ne se précipitât en cascade
    par-dessus la falaise de grès déjà décrite. La grande rivière
    émergeait d’un ravin profond et ne parcourait qu’une
    centaine de mètres sur le plateau avant de se jeter en
    cascade dans le précipice.


    D’autres petits torrents formaient des cascades de trente
    à soixante mètres sur les parois verticales qui bordaient la
    rivière principale. Plusieurs débitaient un fort volume d’eau,
    d’autres seulement quelques gouttes, d’autres enfin avaient
    creusé les parois latérales des gorges et y tombaient par une
    suite de cataractes.
    Bien plus haut dans les montagnes, les ravins
    contenaient des glaciers qui se projetaient comme des doigts
    de géant à partir des neiges éternelles qui couvraient toute
    la chaîne.
    Le rempart extérieur du village rejoignait les parois de
    la gorge de la rivière principale, puis bordait la rivière
    jusqu’à la cascade.

    À l’endroit de la jonction avec les parois
    de la gorge, les montagnes étaient presque verticales sur six
    cents mètres de hauteur et formaient une barrière naturelle
    aussi loin que l’oeil pouvait les suivre. Le plateau s’étendait
    du nord au sud sur une centaine de kilomètres et de l’est à l’ouest sur une cinquantaine.

    En dehors du tunnel incliné,
    l’unique accès au plateau se trouvait à l’endroit de sa plus
    grande largeur. Là, un sentier conduisait à un col défendu
    par un rempart similaire au nôtre.
    Tandis que nous commentions les avantages décisifs de
    ce dispositif, la soeur et la nièce d’Émile nous rejoignirent.
    Un peu plus tard, son beau-frère et son neveu vinrent aussi.


    Nous remarquâmes chez eux des symptômes d’agitation
    contenue, et la soeur d’Émile ne tarda pas à nous dire qu’elle
    attendait ce soir la visite de sa mère.

    Elle dit : Nous sommes
    si heureux que nous pouvons à peine nous contenir, tant
    nous aimons notre mère. Nous aimons tous ceux qui vivent
    dans les sphères de réalisation les plus hautes, car ils sont
    tous beaux, nobles et secourables. Mais notre mère est si
    belle, si exquise et adorable, si serviable et aimante, que
    nous ne pouvons nous empêcher de l’aimer mille fois plus.
    En outre, nous sommes de sa chair et de son sang. Nous
    savons que vous l’aimerez aussi.
    Nous demandâmes si elle venait souvent : La réponse
    fut : Oh ! oui, elle vient toujours quand nous avons besoin
    d’elle. Mais elle est si occupée par son travail dans sa sphère
    qu’elle vient seulement deux fois par an de son propre chef,
    et nous sommes au jour d’une de ses visites bisannuelles.
    Cette fois-ci, elle restera une semaine. Nous en sommes si
    heureux que nous ne savons plus que faire en l’attendant.
    La conversation s’orienta sur nos expériences depuis
    notre séparation, et la discussion avait pris un tour animé
    lorsqu’un silence, soudain s’abattit sur nous. Avant d’avoir
    pu nous en rendre compte, nous étions tous assis sans mot
    dire et sans que personne fit une réflexion. Les ombres du
    soir avaient grandi et la chaîne neigeuse des montagnes
    lointaines ressemblait à un monstre énorme prêt à lancer ses
    griffés de glace dans la vallée.

    Puis nous entendîmes un frou-frou né du silence, comme si un oiseau se posait

    Un brouillard parut se condenser à l’est du parapet. Il prit
    soudainement forme, et voici devant nous une femme
    magnifiquement belle de visage et d’aspect, entourée d’un
    rayonnement lumineux si intense que nous pouvions à peine
    la regarder.
    La famille se précipita vers elle les bras tendus et s’écria
    d’une seule voix : Maman ! La dame descendit avec légèreté
    du parapet sur la terrasse du toit et embrassa les membres
    de sa famille comme toute mère tendre l’aurait fait, puis, on
    nous présenta.

    Elle dit : Oh ! c’est vous, les chers frères venus de la lointaine Amérique pour nous rendre visite ? Je suis trop heureuse de vous souhaiter la bienvenue dans
    notre pays. Nos coeurs vont vers tous, et si les hommes
    voulaient seulement nous laisser faire, il nous semble que
    nous les serrerions tous dans nos bras comme je viens de le
    faire pour ceux que j’appelle les miens. Car en réalité nous
    ne formons qu’une famille, celle des enfants de Dieu le Père.
    Pourquoi ne pouvons-nous pas nous réunir tous comme des
    frères ?

    Remarque : Il est possible que sur cette page, nous ayons des indices géographiques en faisant quelques recherches. S'il est parlé de "notre pays" nous n'avons réellement aucun indice direct.


    Nous venions de remarquer que la soirée devenait très
    fraîche. Mais quand la dame apparut, le rayonnement de sa
    présence transforma l’ambiance en celle d’une nuit d’été.
    L’air parut chargé de parfums de fleurs. Une lumière
    semblable à celle de la pleine lune imprégnait tous les
    objets, et il régnait une tiédeur rayonnante que je ne
    parviens pas à décrire. Cependant, aucun geste des Maîtres
    n’était théâtral. Les manières de ces gens étaient
    profondément aimables et d’une simplicité enfantine.


    Quelqu’un suggéra de descendre. La Mère et les autres
    dames passèrent les premières. Nous suivîmes, et les
    hommes de la maison fermèrent la marche. Tandis que nous
    descendions l’escalier à la manière habituelle, nous
    remarquâmes que nos pieds ne faisaient aucun bruit.
    Cependant, nous ne nous efforcions pas au silence. L’un de
    nous avoua même qu’il avait essayé de faire du bruit, mais
    sans y parvenir. Il semblait que nos pieds n’entraient en
    contact ni avec le sol de la terrasse ni avec les marches de
    l’escalier.


    À l’étage de nos chambres, nous entrâmes dans une pièce
    magnifiquement meublée où nous nous assîmes. Nous
    remarquâmes aussitôt une tiédeur rayonnante, et la pièce
    fut éclairée d’une lumière douce, inexplicable pour nous. Un
    profond silence régna quelque temps, puis la Mère nous
    demanda si nous étions bien installés, si l’on s’occupait de
    nous, et si notre voyage nous satisfaisait.


    La conversation s’engagea sur les choses de la vie
    ordinaire, avec lesquelles elle parut très familière. Puis la
    causerie s’orienta sur notre vie de famille. La Mère nous cita
    les noms de nos parents, frères et soeurs, et nous surprit en
    nous faisant la description détaillée de nos vies sans nous
    poser, la moindre question. Elle nous indiqua les pays que
    nous avions visités, les travaux que nous avions accomplis,
    et les erreurs que nous avions commises. Elle ne parlait pas
    d’une manière vague qui nous aurait obligés à adapter nos souvenirs.

    Chaque détail ressortait comme si nous revivions
    les scènes correspondantes.
    Quand nos amis nous eurent souhaité bonne nuit, nous
    ne vîmes qu’exprimer notre émerveillement en songeant
    qu’aucun d’eux n’avait moins de cent ans et que la Mère était
    âgée de sept cents ans, dont six cents passés sur terre dans
    son corps physique. Cependant, ils étaient tous
    enthousiastes et avaient le coeur léger comme à vingt ans,
    sans aucune affectation. Tout se passait comme si nous
    vivions avec des jeunes.
    Avant de se retirer ce soir-là, ils nous avaient prévenus
    qu’il y aurait une nombreuse société à dîner à l’auberge le
    lendemain soir et que nous étions invités.

     

     

     


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  • Le Banquet des Maîtres page 100 à 110

    Page 100 à 110

    1.21. Un grand banquet avec les Maîtres. - La dame magnifique. - L’Amour de Dieu. - La relativité de la matière. - Musique céleste et choeur des anges


    Le lendemain avant midi, tous les détachements de notre expédition étaient arrivés. Nous passâmes l’après-midi à confronter nos notes qui se recoupaient exactement. Le défaut de place ne me permet pas de les reproduire ici. Quand nous eûmes terminé, nous fûmes priés de nous rendre directement à l’auberge pour le dîner. En y arrivant nous trouvâmes environ trois cents personnes assises à de longues tables de banquet. On nous avait réservé des places à une extrémité de la salle, de sorte que nous pouvions la voir en enfilade.

    Toutes les tables étaient recouvertes demagnifiques nappes de lin blanc, d’argenterie et de
    porcelaine, comme pour un vrai banquet, et pourtant il n’y avait qu’une seule petite lampe pour éclair l’ensemble. Après que nous fûmes restés assis un vingtaine de minutes, et que toutes les places eurent été occupées, à part quelques vides çà et là, un profond silence s’établit dans la salle et une
    lumière gaie ne tarda pas à l’inonder. La lumière s’intensifia peu à peu comme si des milliers de lampes électriques habilement dissimulées s’allumaient progressivement. La salle fut bientôt illuminée, et tous les objets se mirent à étinceler. Nous devions apprendre plus tard que le village
    était dépourvu d’éclairage électrique.

     
    Après l’illumination, le silence persista un quart d’heure, puis tout à coup, il sembla qu’un brouillard se condensait, et nous entendîmes le même frou-frou que la veille, lors de l’apparition de Marie, mère d’Émile. Le brouillard se dissipa, et voici que nous vîmes debout dans la salle, à divers endroits, Marie et onze autres personnages, neuf hommes et deux femmes. Je ne trouve pas de mots pour décrire la radieuse beauté de cette scène. Je n’exagère pas en disant que les personnages apparurent comme une troupe d’anges,
    mais sans ailes. Ils se tinrent un instant comme figés, la tête inclinée, dans une attitude expectative. Bientôt éclatèrent les voix d’un choeur invisible, accompagnées de la musique la plus grandiose que l’on puisse imaginer. J’avais entendu parler de voix célestes, mais ne les avais jamais entendues jusqu’à ce jour. Nous fûmes pour ainsi dire soulevés de nos sièges.

     

    Vers la fin du chant, les douze personnages gagnèrent leurs places. Nous remarquâmes à nouveau qu’ils ne
    faisaient aucun bruit de pas, bien qu’ils ne fissent nul effort spécial pour marcher silencieusement. Quand ils furent assis, le même brouillard réapparut, et quand il fut dissipé, douze nouveaux personnages apparurent, une femme et onze hommes, dont notre ami des documents. Ils se tinrent immobiles un instant - et le choeur invisible chanta une deuxième fois. Vers la, fin du chant, les douze gagnèrent leurs places sans faire le moindre bruit. À peine étaient-ils assis que le brouillard apparut une troisième fois, et quand
    il se dissipa, treize personnages en rang, six hommes et sept femmes, apparurent à l’extrémité opposée de la salle.


    Au centre était une jeune femme de moins de vingt ans avec trois hommes et trois femmes à sa droite et à sa gauche. Toutes les dames apparues jusqu’ici étaient fort belles, mais - cette jeune femme les surpassait toutes en beauté. Les treize personnages se tinrent immobiles un
    moment, la tête inclinée, et la musique éclata à nouveau. Après quelques mesures, le choeur s’y joignit. Nous nous levâmes, et tandis que la mélodie se déroulait, il nous sembla voir des milliers de formes mystiques qui évoluaient en chantant à l’unisson. Il n’y avait aucun refrain triste, aucune tonalité mineure. La musique éclatait en sonorités libres et joyeuses, venant de l’âme et touchant les âmes, les élevant de plus en plus jusqu’à ce que nous eussions le sentiment de perdre contact avec la terre.


    À la fin du choeur, les treize personnages gagnèrent leurs places respectives et s’assirent, mais nos regards ne pouvaient quitter la figure centrale, la jeune femme qui s’avançait vers notre table avec une dame à chacun de ses côtés. Elle s’assit avec ses deux compagnes à l’extrémité de notre table. On accumula rapidement les assiettes à sa gauche. Les lumières pâlirent pendant un moment, et nous
    aperçûmes autour de chacun des trente-six personnages apparus la lumière sans source qui nous intriguait toujours, tandis qu’une magnifique auréole brillait au-dessus de la tête de notre hôtesse d’honneur. Nous fûmes les seuls dans l’assemblée à être profondément impressionnés par cette
    scène. Les autres la trouvaient toute naturelle. Quand tout le monde fut assis, il y eut un moment de
    silence, puis la plupart des personnes présentes entonnèrent un choeur joyeux et libre, sous la conduite des trente-six personnages apparus.

    La musique une fois terminée, l'hôtesse d'honneur se leva, étendit les mains, et voici qu'il y apparut

    apparut un petit pain d’environ cinq centimètres de diamètre et trente-cinq de long. Chacun des trente-six
    personnages apparus précédemment se leva, s’approcha d’elle, et reçut un pain semblable. Ils firent ensuite le tour de toutes les tables pour donner un morceau de pain à chaque convive. La dame magnifique en fit autant à notre table.
    En donnant à chacun de nous sa portion, elle dit : Ne savez-vous pas que Christ demeure en vous comme en chacun ? Ne savez-vous pas que votre corps est pur ; parfait, jeune, toujours beau et divin ? Ne savez-vous pas que Dieu vous a créés exactement à son image et à sa ressemblance, et vous a donné autorité sur toutes choses ? Par vous-mêmes, vous êtes toujours Christ, le parfait Fils de Dieu, le fils unique en qui le Père et la Mère prennent plaisir. Vous êtes purs, parfaits, saints, divins, unis à Dieu qui est la totalité du Bien. Et tout enfant a le droit de proclamer cette filiation, cette divinité.


    Après nous avoir donné à chacun un morceau de pain, elle reprit sa place. Sa petite miche avait encore la même taille qu’avant la distribution. Une fois cette cérémonie terminée, la nourriture commença d’arriver. Elle vint dans de grandes soupières munies d’un couvercle, et celles-ci apparurent devant les dames comme posées par des mains invisibles. La dame magnifique ôta les couvercles, les mit de côté, et commença à servir. Chaque fois qu’une assiette était remplie, elle la passait alternativement à sa voisine de droite
    et à sa voisine de gauche. Celles-ci les faisaient suivre, et tous les convives furent largement servis. Alors ils se mirent à manger et parurent apprécier vivement les mets.


    Dès le début du repas, Thomas demanda à la dame quel attribut de Dieu elle considérait comme majeur. Sans hésiter un instant, elle répondit : L’Amour. Puis elle continua en ces termes : L’Arbre de Vie est situé au milieu du paradis de Dieu, au plus profond de notre âme. Le fruit abondant et riche qui pousse et mûrit avec le plus de perfection, le fruit le plus accompli, le plus vivifiant, c’est l’Amour. Ceux qui perçoivent son véritable caractère l’ont défini comme étant la plus grande chose du monde. J’ajouterai que c’est la plus
    grande force de guérison du monde. L’Amour ne manque jamais de répondre à une demande du coeur humain. On peut se servir du principe divin de l’Amour pour faire face à tous les besoins de l’humanité et dissiper toutes les tristesses, infirmités, ou situations misérables qui la harcèlent.


    Grâce à la compréhension et au bon usage de l’Amour, grâce à son influence subtile et illimitée, toutes les blessures du monde pourraient être guéries Le doux manteau de la compassion céleste pourrai recouvrir toutes les inharmonies, l’ignorance et les fautes de l’humanité. Quand l’Amour déploie ses ailles il recherche les lieux arides du coeur humain, l’endroits de la vie qui sont gâchés. Son contact rachète l’humanité et transforme le monde comme par magie. L’Amour est Dieu, éternel, illimité, immuable, s’étendant à l’infini au-delà de toute imagination. Quant à son aboutissement, nous ne pouvons le connaître que par
    des visions.


    L’Amour accomplit la loi de son propre esprit, achève son travail dans la perfection, et révèle le Christ dans l’âme humaine. L’Amour cherche continuellement une issue pour affluer dans le coeur humain et se répandre en bienfaits. Si la perversité et les pensé discordantes de l’homme ne le détournent pas, le fleuve éternel et immuable de l’Amour de Dieu s’écoule continuellement, entraînant dans le grand
    océan universel de l’oubli toute apparence d’inharmonie ou de laideur susceptible de troubler la paix des hommes.
    L’Amour est le fruit parfait de L’esprit : s’avance pour panser les plaies de l’humanité, rapprocher les nations dans l’harmonie, et apporter au monde la paix et la prospérité. Il est la pulsation même du monde, le battement de coeur de l’univers. Il faut que ce courant d’amour de la grande vie
    omniprésent remplisse l’humanité, si elle veut accomplir les oeuvres de Jésus.
    La pression de la vie s’exerce-t-elle fortement sur vous ? Avez-vous besoin de force et de courage pour faire face à vos problèmes ? Êtes-vous malade, avez-vous peur ? Si oui, élevez votre coeur et priez Celui qui montre le chemin.
    L’amour impérissable de Dieu vous entoure, il n’est plus besoin de craindre. Le Maître n’a-t-il pas dit : « Avant que vous appeliez je répondrai, avant que vous ayez fini deparler j’aurai entendu » ?
    Approchez audacieusement de son trône de grâce, renoncez à vos attitudes rampantes et suppliantes, priez
    avec une foi intelligente, sachez que l’aide dont vous avez besoin est déjà accordée. Ne doutez jamais. Faites plus, demandez. Proclamez comme Jésus votre droit de naissance de Fils du Dieu vivant. Sachez qu’il existe une Substance invisible et universelle, au milieu de laquelle nous vivons et
    évoluons. En elle se trouvent toutes les choses bonnes et parfaites que l’homme peut désirer. Elles n’attendent que l’expression de sa foi pour en être dégagées sous forme
    visible et manifeste. Lisez dans votre Bible ce que Paul dit de l’Amour dans I, Corinthiens 13, en employant le mot Amour et non celui de charité.
    Considérez Salomon pendant la nuit de son expérience, quand il permit à sa radieuse nature de s’étendre jusqu’au plan de conscience universel où il demanda que sa vie fût exempte d’égoïsme et consacrée au service de tous. Cela lui rapporta d’immenses trésors, sans compter les honneurs
    qu’il n’était même pas en son pouvoir de réclamer. Il avait reconnu la sagesse de l’Amour, et l’Amour le combla de ses richesses illimitées. « L’argent n’était compté pour rien aux jours de Salomon. » La vaisselle même de ce puissant roi d’amour était d’or pur.
    Aimer, c’est ouvrir le réservoir illimité des trésors d’or de Dieu. Quiconque aime ne peut s’empêcher de donner. Or, donner c’est gagner. Ainsi le veut l’accomplissement de la loi d’amour. En donnant, nous mettons en mouvement la loi infaillible « mesure pour mesure ». En donnant sans arrière-pensée de recevoir, on ne peut éviter de recevoir, car l’abondance dont on a donné vous est retournée en accomplissement de la loi. « Donnez et l’on vous donnera, une pleine mesure secouée, tassée, et débordante. C’est ainsi que les hommes rempliront votre sein. Car on vous mesurera avec la mesure même dont vous vous êtes servis pour
    mesurer. »


     

    Si nous agissons dans l’esprit d’amour, il faut que Dieu soit présent dans notre conscience. S’identifier avec la Vie, l’Amour, et la Sagesse, c’est prendre consciemment contact avec Dieu, c’est recevoir un afflux d’abondance semblable à l’afflux de vivres qui nous fut envoyé ce soir. Vous voyez que
    l’abondance règne pour tous, et qu’en sa présence nul n’est dans le besoin. Il faut que cette idée d’abondance élève l’esprit bien au-delà des frontières des limitations. Pour recevoir l’abondance, il faut abandonner toute idée d’objet particulier. Elle est si vaste qu’elle ne laisse pas place aux
    idées de détail. Pour la maintenir dans la pensée, il faut que la conscience s’élance au loin dans l’Universel et s’ébatte dans la joie d’une liberté parfaite. Toutefois, il ne faut pas prendre cette liberté pour une licence, car nous sommes tenus pour responsables de toutes nos pensées et de tous nos actes. Notre conscience ne saurait atteindre en un instant ce degré de liberté. La rupture des derniers vestiges de limitation peut avoir lieu instantanément, mais il faut que ce glorieux événement soit préparé. La préparation s’accomplit de l’intérieur dans les moindres détails, de même que chaque pétale d’une fleur est parfait dans ses moindres détails à l’intérieur du bourgeon.
    Quand la perfection est achevée, le bourgeon fait éclater sa coquille de sépales, et la fleur s’épanouit dans sa beauté. De même l’homme doit briser sa coquille d’égoïsme avant de
    s’épanouir.
    Les lois de Dieu sont éternellement les mêmes, maintenant comme toujours. Tout en étant immuables, elles
    sont bienfaisantes, car elles sont bonnes. Si nous vivons en nous y conformant, elles deviennent les pierres
    fondamentales sur lesquelles nous bâtissons santé, bonheur, paix, équilibre, succès, et aboutissement. Si nous demeurons entièrement dans la loi de Dieu, aucun mal ne peut nous advenir. Nous n’avons pas besoin d’être guéris, nous sommes sains jusqu’au bout des ongles.
    Comme nous comprenons bien le profond « mal du pays » que l’humanité ressent dans son grand coeur ! Rien ne saurait le guérir sinon une claire compréhension, une claire conscience de Dieu notre Père. Aucun désir n’est plus vivace dans l’âme humaine que celui de connaître Dieu. « Et sa
    connaissance véritable, c’est la vie éternelle. »
    Nous voyons des gens papillonner continuellement dans l’espoir de trouver la tranquillité dans l’accomplissement de quelque oeuvre, ou le repos dans la session d’un objet matériel forcément limité. Nous les voyons poursuivre ces buts et les atteindre, et cependant se trouver insatisfaits.
    Les uns s’imaginent avoir besoin de terres et de maisons, d’autres d’une grande fortune, d’autres d’une grande conscience. Nous, avons le privilège de savoir que l’homme possède toutes ces choses en lui-même.
    Jésus, le grand Maître, essaya de faire voir cela à tous.
    Comme nous l’aimons ! Il resplendit magnifique et triomphant à cause de ses oeuvres, et nous aimons tous ceux qui ont atteint les mêmes hauteurs de conscience que lui. Nous ne les aimons pas seulement pour leurs oeuvres, mais à cause de ce qu’ils sont. Après sa transfiguration, Jésus ne se permit jamais de demeurer à l’extérieur. Il maintint toutes ses pensées au centre de son être, qui est le Christ, l’étincelle centrale, Dieu en nous tous, vivant aujourd’hui en nous.

    Jésus fit briller le Christ pour le montrer dans sa perfection, qui déborde l’homme de chair, dépasse le corps
    physique. C’est ainsi qu’il accomplit toutes ses oeuvres puissantes, et non parce qu’il différait de vous en quelque point. Ses pouvoirs n’étaient pas plus grands que les vôtres aujourd’hui. Il ne faut pas le considérer comme fils d’un Dieu dont nous serions seulement les serviteurs. Le Père a implanté dans chaque enfant la même étincelle divine. Mais Jésus l’aviva en une flamme plus brillante par ses efforts pour se maintenir en communion consciente avec Dieu en lui, source de toute Vie, de tout Amour, de toute Puissance.
    Jésus était un homme semblable à tous nos contemporains. Il a souffert, il a été tenté et éprouvé, tout
    comme vous souffrez de vos tentations et de vos épreuves. Pendant son séjour sur terre, dans son corps physique, il passait quotidiennement plusieurs heures seul à seul avec Dieu. Il eut à franchir son adolescence comme nous la nôtre, et vous la vôtre aujourd’hui. Chacun doit triompher de la
    matière, des désirs charnels, des doutes et des craintes pour arriver à la conscience parfaite de la présence intérieure, à la reconnaissance du Père en nous, du Père à qui Jésus attribuait le mérite de toutes ses oeuvres.
    Il lui fallut apprendre comme nous, comme vous apprenez vous-mêmes aujourd’hui. Il lui fallut faire des
    essais et les recommencer comme vous et nous, tenir bon, serrer les poings et les dents en disant : « Je réussirai, car je sais que le Christ vit en moi. » Nous reconnaissons que c’est le Christ intérieur qui fit de Jésus ce qu’il fut autrefois et ce qu’il est aujourd’hui. Mais chacun peut aboutir au même résultat. Nous ne disons pas cela pour le diminuer, car nous l’aimons d’un amour indicible. Il a subi la parfaite crucifixion de son moi pour amener son peuple à Dieu, pour lui montrer le chemin conduisant hors du péché, de la
    maladie et des malheurs, pour permettre à ses disciples de manifester le Père en eux, pour enseigner à tous que le Père vit en tous et aime chacun. Nul ne peut serrer de près la vie
    et la doctrine de Jésus sans l’aimer. Il est notre parfait frère
    aîné.
    Mais si nous vendons notre droit d’aînesse, si nous négligeons ou traitons avec mépris les lois bienfaisantes de Dieu, nous tournons le dos à la demeure du Père et nous nous égarons en pays lointain. À quoi nous servent alors la chaleur et la gaieté qui abondent dans la maison natale) Quand on est excédé des ennuis de la vie, quand on est lassé, quand on ressent le mal du pays, on peut revenir à pas chancelants à la maison du Père. Mais on peut effectuer ce retour soit par le chemin des expériences amères, soit par
    l’abandon joyeux des biens matériels. Peu importe la manière dont on acquiert l’intelligence et le savoir, on finit toujours par tendre vers le but où l’on est appelé d’en haut.
    À chaque pas on devient plus fort et plus audacieux. Finalement, on cesse de chanceler et d’hésiter. On recherche en soi-même son illumination et l’on comprend que l’on est chez soi dans la conscience ainsi éveillée. Telle est la divine omniprésence dans laquelle nous vivons et évoluons. Nous la respirons à chaque souffle, nous la vivons à chaque battement de coeur.


    Ne croyez pas qu’il vous faille venir à nous. Allez chez vous, dans votre église, dans votre maison de prière, seuls à l’endroit que vous voudrez. Vous pouvez y recevoir l’aide de Jésus, le grand Maître de l’amour, et celle de tous les trépassés qui reçoivent le plus haut enseignement. Tous essayent de vous aider là où vous vous trouvez à chaque instant. Comme nous voyons clairement Jésus et les autres toujours prêts à aider ceux qui les appellent ! Il vous suffit d’appeler, ils répondent avant la fin de votre appel. Ils se tiennent et marchent à vos côtés à chaque instant du jour. Élevez seulement votre conscience pour voir et savoir que
    vous marchez à leurs côtés, et alors vous ne broncherez pas. Ils tendent la main en disant : « Venez vers moi et je vous donnerai le repos. » Cela ne signifie pas : Venez après la mort, mais bien : Venez maintenant, tels que vous êtes, élevez votre conscience à la hauteur de la nôtre, et voici, vous vous trouvez là où nous sommes ce soir, au-dessus de toute limitation matérielle, abondamment libres.


    Paix, santé, amour, joie, et prospérité sont là. Ce sont les fruits de l’Esprit, les dons de Dieu. Aucune blessure ne peut frapper celui qui regarde Dieu, aucun mal ne peut lui advenir. Si nous ne regardons que Dieu, nous sommesguéris de nos infirmités au nom transcendant de la Loi, c’est-à-dire de Jésus-Christ. Dieu est au milieu de vous, enfant de l’infini, esprit immortel. Rien ne saurait vous faire trembler, désespérer,
    ou craindre. Vous êtes issus du sein du Père. C’est le souffle du Tout-Puissant qui a fait de vous une âme vivante. « Avant qu’Abraham fût, vous étiez. Bien-Aimés, nous sommes maintenant Fils de Dieu, cohéritiers avec Christ. » Le pouvoir de Jésus existe aussi en vous. Ayez-en une conception juste, et vous découvrirez que rien ne saurait vous enlever la vie d’aucune manière, pas plus la vieillesse que la mort ou les accidents.
    On peut s’envelopper de manière si serrée dans ce manteau que rien ne peut plus le transpercer ni vous
    toucher. Tous les moyens de destruction, toutes les forces déchaînées par les hommes peuvent être dirigés contre vous. Néanmoins, vous sortirez indemnes de l’épreuve. Même si par hasard votre corps venait à être détruit, il se rebâtirait par l’esprit en conservant son ancien aspect extérieur. Nous disposons donc d’une armure bien plus efficace que les plus savantes plaques de blindage, d’invention humaine, et nous
    pouvons nous en servir gratuitement à tout moment sans avoir eu à la payer. Présentez-vous donc tels que vous êtes, fils du Dieu vivant.
    Jésus avait reconnu ce fait et aurait pu éviter son Calvaire. S’il avait voulu se servir de son pouvoir, personne
    n’aurait réussi à l’atteindre. Il s’était rendu compte du grand changement spirituel effectué dans son corps, et ne voulait pas voir ce changement se manifester sans transition au
    milieu des êtres qu’il chérissait. Il fallait le grand changement extérieur de la mort pour que la foule reconnût
    l’importance spirituelle de la transformation et n’idolâtrât pas la personne. Connaissant son pouvoir de triompher de la mort, Jésus voulut montrer à ses disciples bien-aimés que
    chacun dispose du même pouvoir. C’est pourquoi il choisit le chemin du Calvaire afin qu’ils puissent voir, et qu’en voyant ils croient.
    Il voulut aussi leur montrer qu’il avait perfectionné son corps au point de pouvoir permettre à ses ennemis de lui ôter ce qu’ils croyaient être la vie. Ceux-ci placèrent son corps dans une tombe et roulèrent une grosse pierre pour la fermer, poussant ainsi la violence humaine jusqu’à la dernière extrémité. Cependant, le véritable moi de Jésus put écarter la pierre et élever son corps spirituel réel au-dessus
    de toute limitation matérielle. Jésus aurait pu disparaître en emmenant son corps, mais il voulut montrer que sous sa forme incorruptible rien ne pouvait le détruire, pas plus un accident matériel que des circonstances fortuites, ni même la perte de la vie physique par les violences d’autrui.
    Après sa Crucifixion et son Ascension, son corpsspirituel se développa au point que Jésus fut obligé d’élever
    la conscience de ceux qui l’entouraient à un niveau leurpermettant de le voir. C’est ainsi que nous sommes également obligés d’élever le niveau de conscience depresque tous nos convives d’aujourd’hui Quand les femmes attachées à Jésus approchèrent de sa tombe au matin, elles virent la pierre roulée de côté et les vêtements funéraires gisant à terre. Mais elles ne reconnurent pas le Maître avant qu’il eût élevé leur conscience au niveau d’où elles pouvaient le voir. Plus tard, quand Jésus vint s’entretenir avec les deux pèlerins sur la route d’Emmaüs, ils ne le reconnurent pas jusqu’à ce qu’il eût rompu le pain avec eux. C’est alors que leur conscience fut élevée au niveau d’où ils pouvaient le voir. Il en fut de même lors de ses autres apparitions. Il parlait et marchait avec ses amis sans qu’ils le reconnussent, parce que leur conscience ne fonctionnait pas sur le plan où il était visible. Mais aussitôt qu’elle y atteignait, ils l’apercevaient.


     

    Alors quelques-uns commencèrent à entrevoir l’importance spirituelle de la réalité. Ils en perçurent le sens profond et caché. Ils eurent la connaissance. Malgré cela, la majorité ne crut pas en Jésus, faute d’avoir atteint un niveau de conscience suffisant pour percevoir la vérité spirituelle sous-jacente.
    Mais le voile du mystère, tendu par les sens matériels de l’homme, était désormais écarté. « Et le voile du temple se déchira en deux depuis le haut jusqu’en bas. » Les hommes prirent conscience du triomphe sur la mort. Mieux encore, ils comprirent que l’on pouvait surmonter toutes les limitations humaines en s’élevant au-dessus d’elles jusqu’au niveau de conscience d’où l’on voit qu’elles n existent pas. Il suffit d’aimer et de chérir une telle conscience pour qu’elle se manifeste.
    Telle fut la révélation de Jacob gisant sur le sol rocailleux du matérialisme. Les états de conscience sur
    lesquels l’homme centre son attention deviennent manifestes en lui. Cela incita Jacob à disposer des baguettes tachetées dans l’abreuvoir des vaches, et celles-ci mirent bas une progéniture tachetée qui délivra Jacob de son esclavage matériel.
    Nous pouvons projeter notre idéal avec tant de précision dans la Substance Universelle informe, invisible à la conscience mortelle, que cet idéal prend forme directement à partir de l’informe. L’eau de l’abreuvoir symbolise le miroir grâce auquel l’image maintenue dans la pensée est réfléchie
    vers l’âme, au plus profond de l’homme, puis conçue et manifestée.

    ************************************

    Remarque :

    Le Ki ou Shi est la parcelle divine reliée à Dieu Père, Créateur de tout l'univers se trouvant en nous tout comme une petite flamme de bougie reliée au Soleil et qui peut grandir au contact direct, dans l'Union avec le Père divin ; ce qui est enseigné dans des disciplines tels que le yoga et certains arts martiaux et peut être insuffisamment développé dans le sens profond et primordial permettant le développement spirituel direct vers ces connaissances ressurgissant du fond de l'abîme Amour dans son infinitude éternellement vivante et agissante. La vie des maîtres en certains passages peut susciter un développement intérieur mais le travail est toujours de la responsabilité de chacun et, demande une rigueur et discipline intense et des conditions de "travail", car il s'agit de surmonter la pesanteur de la compactivité de la matérialité physique, le matérialisme pour élever l'âme, l'esprit et le corps et l'insérer dans le monde subtil multidimentionnel de ce que l'on nomme les mystères de Dieu, du Père. Vous comprenez que cette "remarque" est incomplète et que nul autre que la personne et son désir de plénitude et d'Amour intense de Dieu chemine personnellement, intimement avec Lui.

    Coline.

     

     

     


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    Il en est de même pour les amis réunis ici ce soir. Seuls un petit nombre de gens sérieux perçoivent l’idéal, vont de l’avant, se développent, et accomplissent le vrai travail de Dieu.

    D’autres commencent bien, mais ne peuvent soutenir leur effort jusqu’au franchissement de la première muraille matérielle. Ils estiment plus aisé de voguer au gré des courants de la marée et quittent la scène. Nous avons tous vécu ici-bas sur le plan matériel visible. En fait, nous n’avons jamais quitté la terre. Nous ne sommes invisibles qu’aux hommes centrés dans la conscience matérielle. Nous sommes toujours visibles pour ceux qui ont atteint un plan plus élevé.


    Tout germe d’idée placé dans l’âme devient une conception. L’activité cérébrale lui donne une forme pensée, puis l’idée s’extériorise sous un aspect physique. Les idées de perfection produisent des perfections, les idées imparfaites des imperfections. De même que la terre ensoleillée produit avec la même bonne volonté le plus grand arbre ou la fleur la plus frêle selon les graines respectives qui y sont plantées, de même l’âme illuminée par l’esprit répond à l’homme. Ce que l’homme désire, ce qu’il a demandé avec foi, il l’a déjà reçu.


    Les âmes sorties du domaine visible par les portes de la mort continuent à se manifester sur le même plan psychique qu’avant leur départ. C’est la raison d’être du grand royaume psychique qui relie le monde matériel et visible au vrai monde spirituel. Toutes les âmes qui aspirent au second doivent se tailler de force un chemin dans le premier avant de percevoir la spiritualité. Il faut qu’elles se frayent leur route à travers le royaume psychique en droite ligne vers Dieu.
    La mort ne laisse l’esprit libre de fonctionner que sur le plan psychique où il se trouvait quand l’esprit a quitté le corps. Le trépassé n’a pas perçu qu’il n’existe qu’un seul Esprit, une seule Pensée, un seul Corps, ni que tous en sont issus et doivent y retourner. L’Esprit émané de Dieu et détenteur d’un corps parfait fait partie de l’Esprit unique, comme notre bras fait partie de notre corps. Il n’en est pas plus séparé qu’un de nos membres n’est séparé de notre corps. Le membre ne fait qu’un avec le corps et il lui faut être bien ajusté pour former un ensemble. De même, il faut que tous les esprits soient bien ajustés les uns aux autres pour former un tout complet et parfait.

    La phrase : « Ils se réuniront tous en un lieu » signifie que nous serons tous conscients de notre unité avec Dieu et de notre provenance de cette source unique. Voilà l’unisson, la communion dans la connaissance que nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, exactement semblables à lui. C’est par cette image que Dieu exprime l’idéal qu’il a conçu pour nous.

    *********************

    Que signifie la phrase : « Que ta volonté soit faite, ô mon Dieu, et non la mienne » ? Elle signifie que l’homme désire que Dieu exprime à travers lui le plus haut idéal que Dieu a conçu pour lui. Nul ne peut s’élever au-dessus des idées matérielles sans faire consciemment ou non la volonté de Dieu.
    La conversation s’interrompit un instant, puis l’un de nous posa une question sur la relativité de la matière. Ldame magnifique répondit : Le mot exact est substance, Relativité de la Substance. Considérons un instant les cinq règnes, minéral, végétal, animal, humain, et divin. Commençons par le plus bas sur l’échelle, le règne minéral.
    Nous y trouvons des particules de matière qui expriment toutes la vie unique, la vie de Dieu. Leur désintégration et leurs combinaisons avec l’air et l’eau ont formé la terre, dont toutes les particules retiennent encore la vie originelle de Dieu. Il en est résulté que le règne végétal, expression suivante de Dieu sur l’échelle des valeurs, a trouvé place.
    Les plantes, dont chaque cellule contient la vie unique, ont pris une fraction de la vie du règne minéral et l’ont accrue et multipliée. Elles l’expriment à un degré plus haut en direction du règne de Dieu.
    Cela permet au règne animal, expression suivante de Dieu, de trouver place. Les animaux, dont chaque organe contient la vie unique, ont pris une fraction de la vie du règne végétal et l’ont accrue et multipliée. Ils l’expriment à un degré plus haut en direction du règne de Dieu.

    Cela permet au règne humain, expression suivante de Dieu, de trouver place. Les hommes, qui contiennent la vie unique dans chaque partie de leur être, ont pris une fraction de la vie du règne animal. En l’exprimant à un degré plus haut, ils ont laissé place au royaume de Dieu, le plus haut mode par lequel Dieu s’exprime à travers l’homme.
    Quand l’homme atteint ce règne, il se trouve en un lieu où il reconnaît que tout provient d’une seule Source et contient la vie unique, celle de Dieu. Il a gagné la maîtrise sur tous les phénomènes matériels. Mais il n’est pas obligé de s’arrêter là, car tout est progression. Il reste encore d’autres mondes à conquérir.

    ********************

    Nous arrivons maintenant au lieu où nous reconnaissons que toute l’immensité de l’espace
    contient la vie unique de Dieu, et que tout provient de la Source et de la Substance uniques. Alors toute substance devient relative, ou reliée à sa source. N’en est-il pas ainsi ? La conversation prit fin. Le dîner étant terminé, on débarrassa la salle des tables et des chaises. Alors commença un temps de jeux et d’amusements, avec danses et chants.

    Lmusique était fournie par le choeur invisible, et nous passâmes un bon moment tous ensemble. La soirée se termina dans une orgie de musique. Le choeur invisible devint visible. Il se promenait dans l’assemblée et flottait parfois au-dessus d’elle. Pour finir, il y eut un tumultueux éclat de musique, de chants, et de rires avec participation de tous les convives. Dans l’ensemble, ce fut la scène la plus impressionnante dont il nous fut jamais donné d’être témoins.
    On nous informa que si nous devenions tout à fait calmes, nous pourrions entendre la musique à tout moment, mais que le choeur d’accompagnement ne se faisait entendre que dans des circonstances comme celles-ci. Nous tentâmes bien des fois l’expérience par la suite, et chaque fois nous entendîmes la musique. Elle était toujours faible et exquisément douce, mais ne comportait jamais de joyeux éclats de liberté comme ce soir-là, à moins qu’un certain nombre de Maîtres ne fussent réunis. C’est cette musique qui est connue sous le nom de Choeur des Anges. Les Maîtres l’appellent la symphonie des âmes à l’unisson. Nous restâmes trois jours dans ce village. Au cours de ces journées, nous vîmes un grand nombre de nos amis. Au soir du troisième jour, ils prirent congé de nous en disant qu’ils nous retrouveraient à nos quartiers d’hiver, puis ils disparurent.

                                   *******************   

    1.22.Architecture protectrice et défenses naturelles. 

    Interprétation de la vision des rayons. - Les organisations cléricales. - JE SUIS. - L’Esprit de service
    Le lendemain matin, nous quittâmes le village avec Émile et Jast pour seuls compagnons. Nous nous dirigeâmes  vers un village situé plus au nord, que nous avions choisi pour hiverner. Les hivers sont très rudes dans cette région, et nous voulions être certains de nous loger confortablement avant les froids. Là encore, comme en bien d’autres occasions, nos craintes se révélèrent mal fondées. Dès notre arrivée, nous trouvâmes des logements confortables tout préparés et n’eûmes que la peine de nous y installer.


    Le sentier que nous prîmes en partant du village d’Émile traversait le plateau puis suivait un long ravin serpentant jusqu’à un col où se trouvait le second village fortifié défendant le plateau. Les parois du ravin étaient verticales sur cent à trois cents mètres, puis rejoignaient les montagnes dont les sommets se dressaient à sept ou huit cents mètres plus haut. Au sommet du col, deux grands rebords rocheux écartés de deux cents mètres surplombaient et encadraient un espace plan d’environ un hectare. On les avait réunis par une muraille qui avait une douzaine de mètres de hauteur, vingt mètres d’épaisseur à la base, et dix au sommet.


    Cette muraille constituait un puissant barrage. Elle était construite de telle sorte que sa crête formait un chemin où l’on pouvait rouler de gros blocs de rocher. De là, on pouvait les faire tomber à l’extérieur sur un terrain en pente relié à une forte déclivité sur laquelle le sentier continuait de l’autre côté du col. Des points de chute étaient disposés tous les trente mètres avec des surplombs suffisants pour que les blocs de pierre tombant à l’extérieur ne risquent pas de heurter la base de la muraille. Un bloc ainsi projeté tombait
    d’abord sur la pente, puis roulait sur la déclivité et suivait le ravin sur au moins six kilomètres avant de s’arrêter, à moins d’éclater auparavant sous la violence d’un impact.


    Cet ensemble formait un puissant système défensif, car le ravin n’avait nulle part plus de vingt mètres de large sur les six kilomètres, et sa pente restait suffisante pour donner de l’accélération aux blocs de pierre. De part et d’autre du ravin, il y avait encore quatre plates-formes reliées par des sentiers aux extrémités de la muraille. De ces plates-formes on pouvait aussi faire tomber des blocs de rocher dans le ravin. Nous vîmes un assez grand nombre de blocs préparés pour toute éventualité sur la crête de la muraille. Ils avaient environ quatre mètres de diamètre. On nous informa qu’il n’avait jamais été nécessaire de s’en servir. Une seule tribu avait jadis tenté d’accéder au village sans en être priée. Elle avait été à peu près anéantie par les blocs de rocher lâchés à partir des quatre plates-formes situées dans les parois du ravin. Les premiers blocs en détachèrent d’autres dans leur chute, si bien qu’une avalanche de pierres balaya le ravin et emporta tout avec elle. Les blocs que nous apercevions sur la crête de la muraille étaient là depuis plus de deux mille ans.
    Il n’y avait pas eu de bataille dans le pays depuis ce temps-là.
    Le village comprenait six maisons de trois étages construites dans la muraille. Leurs terrasses de toiture
    étaient de niveau avec la crête de la muraille à laquelle on accédait par l’intérieur des maisons, où des escaliers montaient jusqu’à chaque terrasse. Des fenêtres étaient percées dans la muraille au niveau du troisième étage. Elles dominaient le ravin. De ces fenêtres, et de la crête de la muraille, on voyait le sentier serpenter le long des montagnes sur des kilomètres.
    On nous installa confortablement pour la nuit au troisième étage de l’une des maisons. Nous dînâmes de
    bonne heure et montâmes tous sur la terrasse pour regarder le coucher du soleil. Au bout de quelques instants, un homme d’une cinquantaine d’années monta l’escalier et nous rejoignit. Jast nous le présenta, et, il prit part à la conversation. Il habitait le village où nous allions prendre nos quartiers d’hiver et s’y rendait. Supposant qu’il voyageait comme nous, nous l’invitâmes à faire route avec nous. Il nous remercia, disant qu’il pouvait aller beaucoup plus vite, qu’il s’était arrêté pour rendre visite à un proche parent, et qu’il serait rentré chez lui le soir même.
    Nous nous mîmes à parler du temple que trois d’entre nous avaient visité avec Émile et Jast. L’homme dit alors tranquillement : Je vous ai vu cette, nuit-là, assis sur le parapet du temple. Puis il continua et me décrivit mon rêve ou ma vision, exactement comme il s’était passé et comme relaté précédemment. Ce fut une surprise pour mes camarades et pour moi, car je ne leur avais jamais fait part de ce rêve. L’homme nous était complètement étranger, et cependant il raconta la vision d’une manière aussi vivante
    qu’elle m’était apparue. Puis il continua : On vous a montré comme à nous que les hommes proviennent de Dieu, la Substance unique. Ils se sont avancés en bon ordre aussi longtemps qu’ils ont eu conscience de ce fait et usé justement de leur pouvoir de domination. Mais dès l’instant où leur personne mortelle a conçu une dualité de pouvoirs, ils ont commencé à voir une division, à mésuser de leur pouvoir légitime, et à provoquer une scission. Il en résulta des divergences et de profondes séparations qui s’étendirent sur toute la terre. En effet, l’homme jouit du libre arbitre et fait advenir l’objet de ses pensées. Mais un changement va survenir, car les divergences ont à peu près atteint leurs limites, et les hommes sont en train de se rapprocher les uns des autres. Ils commencent à reconnaître leur origine commune et à considérer chaque homme comme leur frère et non plus comme leur ennemi.


    Quand cette notion sera bien incorporée, ils verront qu’ils proviennent tous de la Source unique et ou il leur faut, y retourner, c’est-à-dire devenir réellement des frères. Alors ils se trouveront au ciel et comprendront que ciel signifie paix intérieure dans tous les domaines et harmonie complète créée par eux-mêmes ici-bas, sur terre. Ils créent leur enfer et leur ciel selon la voie qu’ils choisissent. Le ciel a été bien conçu par eux, mais mal situé géographiquement. Dieu demeure bien dans les hommes, mais demeure en outre dans
    tout ce qui les entoure, dans chaque pierre, chaque arbre, chaque plante, chaque fleur, et chaque créature.

    Dieu est dans l’air que l’homme respire, dans l’eau qu’il boit, dans l’argent qu’il dépense. Dieu est la substance de toutes choses. Quand l’homme respire, il respire Dieu autant que l’air. Quand il prend sa part de nourriture, il se nourrit de Dieu autant que d’aliments. Nous n’avons pas le désir de former de nouvelles sectes ni de nouveaux cultes. Les Églises d’aujourd’hui suffisent. Ce sont les centres logiques de propagande pour aider les gens à se rapprocher de Dieu par le truchement de Christ en tous. Il faut que les membres des Églises comprennent que leur Église ne symbolise qu’une chose, la conscience de Christ dans toute l’humanité. S’ils le comprennent, il ne peut exister de divergences entre Églises, mais seulement dans la pensée mortelle des hommes.


    En quoi une Église ou une association diffère-t-elle d’une autre ? Les divergences à l’existence desquelles on croit aujourd’hui ne se trouvent que dans les conceptions matérielles des hommes. Regardez à quoi elles ont abouti : aux grandes guerres, à des haines implacables entre nations et familles, et même entre individus. Tout cela parce que l’une ou l’autre des organisations cléricales estime que sa doctrine et ses croyances sont meilleures que celles de la voisine. Cependant, elles sont toutes les mêmes, car ellesaboutissent toutes au même point.
    Il serait impossible à chacune d’avoir un ciel qui lui fût propre. Sans quoi, que ferait un individu qui aurait achevé de gagner sa marque de ciel et serait prêt à recevoir sa récompense ? Il serait obligé de passer le reste de son existence à chercher dans le labyrinthe des cieux le ciel spécial auquel il aurait été destiné. Les organisations ecclésiastiques et leurs séides se rapprochent quotidiennement les unes des autres. Un temps viendra où elles fusionneront. Il n’y aura plus besoin d’organisation, tout se passera dans l’unité.


    Pourtant, la faute n’incombe pas entièrement aux Églises. Bien minime est le nombre de ceux qui se sont
    éveillés à la notion de ce que la vie leur réserve vraiment. La grande majorité se traîne insatisfaite dans la vie, égarée, écrasée, ou tout au moins perplexe. Il faut que chaque âme apprenne à exprimer la vie, à s’en saisir, et à rayonner à partir de son propre centre vital pour extérioriser, en vue d’un but défini et par une action précise, les dons que Dieu lui a conférés.


    Il faut que chacun épanouisse sa propre vie. Il n’est pas possible à l’un de vivre à la place de l’autre. Nul ne peut exprimer votre vie à votre place, ni vous dire comment vous devriez l’exprimer. « De même que le Père a la vie en lui-même, il a été donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. »
    Une âme qui a compris cela ne peut plus flotter au gré des vents, car toute la raison d’être de la vie se révèle dans le privilège et la possibilité pour l’homme d’exprimer son moi divin intérieur. Le but de Dieu, c’est que l’homme demeure à sa divine image, et à sa ressemblance. Le principal but de la vie d’un homme devrait donc être d’exprimer ce que Dieu a conçu pour lui.

    Quand Jésus était sur le sommet de la montagne et que ses disciples vinrent à lui, voyez quelles paroles de sagesse il leur adressa. L’homme ne peut développer la plénitude de ses pouvoirs que s’il a un idéal sincère, un but véritable dans la vie. Jésus en avait conscience et avait pris fermement la haute résolution d’agir en conformité. Une graine ne peut commencer à croître que si elle est solidement implantée dans la terre. Le pouvoir intérieur de Dieu ne peut produire un désir juste que s’il est solidement implanté dans l’âme humaine. Il faut que nous sachions tous comme Jésus que la première poussée spirituelle vers l’expression est le désir précis de s’exprimer.
    Jésus a dit : « Heureux les pauvres », voulant dire par là que toute limitation dans la vie est bonne si elle peut créer chez l’individu le désir de s’élever au-dessus d’elle et de s’en libérer. Il savait que le besoin prophétise la satisfaction. Il considérait tout besoin comme un sol préparé pour une semence. Si l’on plante la semence et si on lui permet de croître, elle satisfera le besoin. La notion de besoin est fort mal comprise en général.

     

    Le besoin est un désir de développement de la vie. Certains grands éducateurs ont enseigné qu’il fallait arracher du coeur ce désir. Mais Jésus a dit : « Malheur à vous qui êtes rassasiés. » Quiconque est rassasié devient stationnaire. Or, pour avoir un contact étendu avec la vie, il faut constamment chercher à l’exprimer pleinement. Le désir correspondant témoigne de la pression qui s’exerce dans ce sens.


    Fatigué de ramper dans la poussière de la terre, l’homme voudrait s’envoler. Son désir le pousse à découvrir la loi qui lui permettra de s’élever au-dessus de ses limitations. Il a la capacité d’aller où il veut en annihilant les notions de temps et de distance. On a dit que l’homme propose et que Dieu dispose. C’est le contraire qui est vrai, car Dieu propose et l’homme dispose. Et l’homme peut faire tout ce que fait Dieu s’il est disposé à le faire. Le Fils ne peut-il faire la même chose que le Père ?


    Du fait que les choses matérielles ne satisfont pas l’âme, celle-ci est conduite à rechercher le pouvoir intérieur. Alors l’individu peut découvrir le « JE SUIS », et savoir que c’est à l’intérieur de lui-même que se trouve tout pouvoir capable de satisfaire l’âme, de répondre à tous ses besoins et désirs.
    Dès qu’il sait que JE SUIS est l’accomplissement de son désir, celui-ci se trouve accompli. C’est folie que de regarder à l’extérieur du moi divin pour satisfaire un désir. Pour que l’homme s’épanouisse, il faut que son moi accomplisse le développement.
    Alors la connaissance du JE SUIS apporte unecompréhension et un réveil incroyables. Elle montre qu’à
    l’intérieur de soi se trouvent le pouvoir, la substance, et l’intelligence à partir desquels toute forme prend naissance. Dès que l’on est en mesure de formuler intelligemment un désir juste et de préciser l’idée correspondante, le pouvoir, l’intelligence, et la substance de l’esprit affluent nécessairement pour le réaliser. Ne sont-ce pas là les trésors du ciel, invisibles aux yeux humains ? Là, dans l’invisible,gisent des richesses illimitées cachées en nous-mêmes. Comme tout cela est clair pour celui qui a trouvé la perle de grand prix !
    Songez alors à la parole : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice (son bon usage), et toutes ces choses vous seront données par surcroît. » Pourquoi sont-elles données par surcroît ? Parce qu’elles sont faites de l’essence même de l’Esprit. Il faut que la conscience découvre l’Esprit avant de pouvoir former la chose désirée.
    L’homme éclairé perçoit le principe créateur intérieur, puis voit clair et comprend. Il rencontre alors la chance de sa vie. Il a la vision de ses possibilités, il devient conscient du domaine ouvert devant lui. Sachant que le principe créateur est intérieur, il reprend les désirs de son coeur, et ceux-ci deviennent un idéal, un moule qui attire pouvoir et substance pour se remplir. JE VOIS est la conception de l’âme, la Terre Promise, le rêve devenu réalité vers lequel l’âme peut regarder avec foi.


    L’homme ne possède peut-être pas consciemment cette réalité. Pourtant, quand il accomplit la loi, elle prend
    nécessairement forme visible. Il peut être indispensable d’aborder les épreuves du désert et d’en triompher : Quand l’âme comprend la vision comme une Terre Promise, comme un idéal qui doit devenir réalité, elle ne voit plus que le bien, objet de son désir. Arrivée à ce point, il ne faut pas qu’elle ait de doute, d’hésitation, ni de flottement. Ce serait fatal. Il faut être fidèle à la vision et aller de l’avant. Cette vision est caractéristique. Elle est aussi indispensable à la vie que les plans et spécifications à la construction d’un immeuble.
    L’homme doit être fidèle à la vision comme l’entrepreneur est fidèle aux plans et spécifications de l’architecte. Il faut éliminer tout ce qui n’est pas la vérité.



    Toutes les grandes âmes sont fidèles à leur vision. Tout accomplissement a d’abord été une vision, une semence d’idée plantée dans l’âme et à laquelle on a permis de croître et de s’épanouir. Les grandes âmes ne se laissent jamais influencer par l’incrédulité d’autrui. Elles sont prêtes à se sacrifier pour leur vision, elles y croient, et finalement il est fait selon leur foi. Jésus resta fermement fidèle à sa vision et attaché à son plan, même quand ses proches parents étaient incrédules et ses plus chers amis infidèles. Il lui fut fait selon sa foi, et il en est ainsi pour chacun.
    Quand un homme part pour la Terre Promise, il lui faut renoncer au pays des ténèbres et l’oublier. Il faut quitter les ténèbres et partir pour la lumière. On ne peut à la fois rester et partir. Il faut renoncer aux vieilles idées et adhérer aux nouvelles, oublier ce que nous ne souhaitons pas nous rappeler, et nous rappeler seulement ce que nous voulons retenir. Ces deux choses sont indispensables. Seule la vision
    doit nous rester en mémoire si nous voulons qu’elle s’accomplisse. On se la rappelle en maintenant dans sa
    pensée la chose à reproduire. On démembre, on refuse de se rappeler la chose à ne pas reproduire. Pour extérioriser la vision, il faut y conformer toutes nos idées, nos pensées, nos paroles, et nos actes.

    Telle est la vraie concentration, celle de la dévotion, le centrage de toutes les forces sur l’essentiel. C’est le signe que l’on aime l’idéal. Or, l’idéal ne peut être exprimé qu’au moyen de l’amour, car c’est l’amour qui en fait est un idéal.


    Même si l’homme débute par un échec, il faut qu’il soit décidé à persévérer. C’est l’exercice de la volonté, le cri de la confiance en soi, l’expression de la foi dirigeant le pouvoir vers l’idéal. On n’atteint jamais l’idéal sans diriger consciemment le pouvoir vers lui, sans exercer la volonté. Cependant, si l’idéal n’était pas une volonté idéale, cela lui serait fatal. Il faut que la volonté idéale soit aussi utile que l’idéal sans quoi l’âme ne peut libérer le pouvoir que la volonté voudrait diriger. La volonté d’être servi au lieu de servir provoque le retour du courant vital contre lui-même. La volonté de servir maintient le flux du courant vital à travers l’âme et entretient le rayonnement de la personnalité.
    La volonté de servir donne un but à la vision et laisse l’amour se déployer dans la vie. Comment l’amour
    s’exprimerait-il s’il ne passait à travers celui qui exprime lavie ? S’il passe à travers la conscience, l’organisme entier répond et fait vibrer chaque cellule par l’amour qu’il exprime. Alors le corps s’harmonise, l’âme rayonne, la pensée s’illumine, les idées deviennent pénétrantes, brillantes, vivantes, précises. La parole devient positive, vraie, constructive. La chair est renouvelée, purifiée, vivifiée. Les affaires s’arrangent, et toutes choses prennent leur aspect véritable.
    Le « JE SUIS » s’exprime par le Moi, et il n’est plus permis au Moi de supprimer le « JE SUIS ». Si le corps
    n’obéit pas à l’esprit, comment exprimerait-il l’Esprit ?
    L’intelligence consciente doit désirer et rechercher l’Esprit afin de connaître le pouvoir de l’Esprit. De cette manière, l’homme apprend que l’Esprit est l’accomplissement du besoin. Et l’Esprit reçoit son expression suprême quand on lui permet de donner satisfaction aux besoins d’autrui. Les portes qui retiennent les réserves de l’Esprit s’ouvrent quand on laisse celui-ci s’écouler vers autrui. C’est la volonté de servir qui ouvre à tous les réserves illimitées de Dieu et provoque l’épanouissement de l’âme.
    L’âme est revenue à la maison du Père dès qu’elle a ressenti la volonté de servir. Le prodigue qui sert devient le Fils choyé. Le mercenaire qui se nourrissait de déchets devient prince d’une maison royale, la maison de ses propres possibilités. Il connaît l’amour de Dieu, comprend le don de
    son Père, et l’affecte à un bon usage. Nul ne peut recevoir ce don, sinon un fils. Aucun serviteur, aucun mercenaire ne peut entrer dans la joie de l’héritage du fils. Le serviteur recherche toujours un résultat. Le fils a déjà hérité de toutes les possessions du Père.
    Quand nous savons que nous appartenons à la maison du Père et sommes héritiers de tous ses biens, nous pouvons commencer à vivre selon les désirs du Père. « Voici„ nous sommes maintenant des Fils de Dieu. » La conscience d’être fils provoque l’accomplissement, a conscience d’être serviteur provoque la pénurie. Dès que nous jouons le rôle du Fils en pensée, en paroles, et en action, nous découvrons
    que le Père a exaucé tous les désirs de notre coeur.
    Arrivé là, l’orateur se leva, nous souhaita bonne nuit, et exprima l’espoir de nous revoir avec plusieurs de nos
    camarades à notre arrivée à nos quartiers d’hiver. Puis il s’en alla.

     

     Page 111 à page 121 (du Livre : La vie des Maîtres de Baird Thomas Spalding


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