• LE CLAIR DE LUNE de Ludwig van Beethoven

     

    LE CLAIR DE LUNE de Ludwig van Beethoven

    LE CLAIR DE LUNE de Ludwig van Beethoven

     

    LE CLAIR DE LUNE de Ludwig van Beethoven

     

     

     

    Ici le Clair de lune : vous pouvez éteindre la musique pour voir l'interprétation sur la vidéo et l'écouter

     

    La Sonate n° 14  en do dièse mineur opus  27 n° 2 de Ludwig van Beethoven appellée la Sonate au Clair de Lune, fut composée en 1820 et publiée en 1802, avec une dédicace à la comtesse Guilletta Guiccaiardi une jeune femme de dix-sept ans dont le musicien semble avoir été amoureux. Comme sa jumelle la Sonate n° 13 , Beethoven lui-même l'intitula "Sonata quasi una Fantasia per il Clavicembalo o Piano forte". Il ne respecte pas les structures formelles : il s'en affranchit par son improvisation du célèbre premier mouvement. 

    La sonate fut composée entre les Première et Deuxième Symphonies, dans la période de crise morale que traversait Beethoven qui prenait conscience de sa surdité débutante. Son succès fut considérable aussi bien auprès des critiques (qui parlèrent de « fantaisie d'une unité parfaite, inspirée par un sentiment nu, profond et intime, taillé d'un seul bloc de marbre ») que du public. Des années plus tard, alors qu'il composait des œuvres plus audacieuses encore, Beethoven s'irrita du succès de cette sonate qu'il estimait moins bonne que d'autres. La comparant à la Sonate pour piano no 24 en fa dièse majeur qu'il venait d'achever, il déclara ainsi vers 1810 à son ami Czerny : « On parle toujours de la sonate en do dièse mineur, j'ai pourtant écrit mieux que cela, ainsi la sonate en fa dièse majeur est autre chose. » 

     

    Le surnom « Clair de lune », sous lequel elle est largement connue aujourd'hui, lui fut donné par le poète allemand Ludwig Rellstab en 1832, soit cinq ans après la mort de Beethoven. Rellstab voyait dans le premier mouvement de cette sonate l'évocation d'une « barque au clair de lune sur le Lac des Quatre-Cantons ».

     

    La réalité est toutefois différente puisque le premier mouvement décrit une marche funèbre et que la sonate fut cataloguée comme musique de deuil ; son jeu par Beethoven évoquait, d'après ses assistants, des fantômes traînant leurs chaînes dans un château. Ces erreurs d'appréciation sont en grande partie dues à un jeu biaisé de la plupart des interprètes dans le but de répondre aux goûts du public.

     

    Image illustrative de l'article Sonate pour piano nº 14 de Beethoven

    Published 1802 in Vienna by Giovanni Cappi e Comp.

     

    La sonate comprend trois mouvements et son exécution dure un peu moins de quinze minutes :

                Adagio sostenuto2/2ut dièse mineur (69 mesures)

                Allegretto3/4ré bémol majeur (60 mesures)

                Presto agitato4/4ut dièse mineur (200 mesures)

    La dénomination quasi una fantasia n'est pas tant par rapport à la structure habituelle d'une sonate classique (débuter par un mouvement lent n'est pas exceptionnel à cette époque), ni par la variation des tempos ou des tonalités. Elle est plutôt liée au sentiment d'improvisation que suscite le premier mouvement dont le chant, selon André Boucourechliev« s'épanouit librement, tour à tour à la surface ou dans les profondeurs de la trame musicale ». Le dernier mouvement est lui aussi empreint de liberté et « d'une improvisation alliant la plus grande rigueur à la véhémence de l'expression. »

     

     

     

     

     

     

     

     

    I. Adagio sostenuto

    Le premier mouvement, sorte de marche funèbre intime, est construit sur une basse octaviée à la main gauche et des accords de trois sons arpégés à la main droite. Progressivement une ligne mélodique s'ajoute à la main droite, parfois en contrepoint de la main gauche — mélodie qu'Hector Berlioz qualifiera de « lamentation ». Tout le morceau doit être joué entre piano et pianissimo, selon les indications du compositeur. Le mouvement se termine par l'exposition du thème à la main gauche et un decrescendo qui laisse la musique mourir dans les accords finaux de do dièse mineur.

    La partition originale indique que le premier mouvement doit être joué la pédale « forte » enfoncée tout du long. L'effet de cette pédale n'étant pas identique sur les pianos modernes, le jeu doit en être adapté. Le caractère d'ostinato de la main droite, le tempo lent, les harmonies sombres donnent au morceau une coloration lugubre et très émotive. De nombreux auditeurs ont ainsi été fortement marqués par ce morceau. Berlioz en dit : « C’est l'un de ces poèmes que le langage humain ne sait pas comment qualifier. »

    II. Allegretto

    Le deuxième mouvement est marqué « attaca subito », c'est-à-dire qu'il faut le commencer soudainement à la fin du premier. L'effet recherché est un effet de contraste : si le premier mouvement était lent, et lugubre, le deuxième au contraire est marqué Allegretto, et se trouve dans la tonalité de ré bémol majeur, c'est-à-dire l'enharmonique de do dièse mineur. Avec humour, le mouvement fait alterner joyeusement legato et staccato, noires et blanches, soupirs… L'utilisation des octaves et des sforzandos dans le trio montre bien ce côté joyeux de la musique. Franz Liszt dira même de ce mouvement que c'est « une fleur entre deux abîmes. »

     

     

     

    III. Presto agitato

    Tandis que le deuxième mouvement marquait une pause, une bouffée d'air frais après la douleur sourde du premier mouvement, le troisième mouvement est caractérisé tout d'abord par un retour à la sombre tonalité de do dièse mineur et un tempo très tendu : Presto agitato. Ce mouvement est en outre le plus long et le plus difficile techniquement de la sonate, reflétant une expérimentation que Beethoven a déjà faite dans la sonate op. 27 no 1, de placer le mouvement le plus important en dernière place.

    L'écriture très pianistique fait un usage puissant des arpèges, des sforzandos et des octaves qui donnent le sentiment d'une musique extrêmement puissante et même violente. L'utilisation des basses d'Alberti et des octaves brisées contribuent également à donner à ce mouvement le caractère passionné d'une tornade.

    La parenté thématique avec le premier mouvement est donné par les mêmes accords brisés des trois premières notes de l'arpège sol–do–mi.

    Ce troisième mouvement a été une source d'inspiration pour la Fantaisie-Impromptu de Chopin, qui a utilisé la même relation entre les tonalités que dans la sonate, et a repris l'utilisation des basses d'Alberti et des arpèges pour les premières et troisièmes parties de l'œuvre.

    Trois mesures de J.S. BACH inspirèrent Ludwig van Beethoven, celles-ci se trouvant dans une de ses oeuvres de toccata et fugue. Jean Sébastien Bach établit une base de musique complète, une palette tellement riche qu'elle inspira de nombreux maîtres de musique de manière grandiose tout comme cette oeuvre extraordinaire LE CLAIR DE LUNE de BEETHOVEN née de quelques notes. Cette oeuvre est difficile à interpréter et les oeuvres de Beethoven demandent beaucoup de virtuosité.

     

     

     

     

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