• La Toccata en Fa Majeur BuxWV 157

    La Toccata en Fa Majeur BuxWV 157 de Friedrich Buxtehude

     

     

     

    Dietrich Buxtehude, jouant de la viole de gambre  (à gauche)

     

    Le catalogue des œuvres de Buxtehude comprend quarante et une pièces libres, dont quinze sans pédalier, courtes compositions peut-être composées pour le clavecin, inspiré du genre de la canzone importé d'Italie.

    Les vingt-deux pièces recourant au pédalier et absolument remarquables , sont pour l'essentiel des préludes,  genre qui se développe alors en Europe du Nord et comprend généralement un épisode fugué, qui deviendra indépendant avec les préludes et fugues de la génération de J.S. Bach.  

    Certains préludes de Buxtehude comprennent déjà une fugue très développée  et comme le prélude en fa majeur BuxWV 145.

    Trois toccatas (comme celle entendue dès que vous ouvrez cette page)  et un preambulum sont à rapprocher de cet ensemble et devaient avoir une fonction comparable, sans doute pour accompagner l'entrée et la sortie de la messe.

    Ces œuvres sont constituées de plusieurs épisodes enchaînés, de styles contrastés. Buxtehude est surtout familier de la structure en cinq parties, que l'on observe dans neuf préludes, et que reprendra Brunhs,  tandis que les deux diptyques BuxWV 145 et 157, très complexes, préfigurent la formule qui se généralisera plus tard, comme chez Bach.

    L'influence du  stylus phantasticus est la plus visible dans ces pièces, notamment dans les introductions, improvisées sur un même motif.

     

    Le stylus phantasticus est un style musical baroque allemand. . Sous l'influence de la musique pour clavier des italiens Claudio Merulo et Girolamo Frescobaldi, certains organistes du XVIIème siècle, en particulier Johan Jakob Froberger (élève de Frescobaldi) adoptent un jeu caractérisé par la virtuosité, l'invention et l'improvisation, et sans fil mélodique.

    L'érudit Athanasius Kircher  est sans doute le premier à utiliser le terme de stylus phantasticus qu'il définit ainsi :

    « Le stylus phantasticus, propre aux instruments, est la plus libre, et la moins contrainte des méthodes de composition. Il n'est soumis à rien, ni aux mots, ni aux sujets harmoniques ; elle a été créée pour montrer son habileté, et pour révéler les règles secrètes de l'harmonie, l'ingéniosité des conclusions harmoniques, et l'assemblage fugué. Il est divisé en ces formes qu'on appelle fantaisie, ricercar, toccata, sonate »

    Johann Mattheson reprend et précise cette définition en 1739 :

    « Dans ce style, la manière de composer, de chanter et d'exécuter est la plus libre, la moins contrainte qui se puisse imaginer, pour qui y découvre d'abord telle idée et ensuite telle autre, du fait qu'on n'y est lié ni par les mots, ni par la mélodie, seulement par l'harmonie, de sorte que le chanteur ou l'exécutant peut en jouer avec habileté. Toutes sortes de progressions par ailleurs inaccoutumées, d'ornements cachés, de tours et de colorations ingénieux sont amenés sans souci d'observer la mesure ou la tonalité, sans considération pour ce qui est placé sur la page, sans thème ni ostinato formel, sans thème ou sujet à mener à bien ; ici rapide et là hésitant, tantôt à une voix, tantôt à plusieurs et de temps à autre en retard sur la battue, sans mesure du son, mais non sans se montrer tout entier résolu à plaire, à surprendre et à étonner. »

    Cette Toccata transpire la perfection : conçue tel un bijou d'orfèvrerie, elle est à nos oreilles une parfaite mélodie nous emmenant à la perfection de l'écoute de sons s'enchaînant en une parfaite harmonie et, de ce fait, nous pénétrant jusqu'à l'âme, la libère de toute source purement matérielle nous élèvant à cette perfection pure grâce à la paix généré par ces sons même s'il y a du mouvement, de l'ardeur : la délicatesse est telle dans le message musical généré qu'elle constitue une ovation discrète à la vie sans discontinuer, infinie : la preuve en est de ses interprétations au travers des siècles constituant un patrimoine universel et pourtant familier.

    Ces mots simples ne savent que mettre en avant une telle musique pour toutes les générations du monde. Voici la vidéo partitionnée à mettre en route après avoir terminé l'écoute de cette oeuvre spontanément mise en route sur cette page : il s'agit de la même oeuvre et de la même interprétation :

    Un des thèmes repris, en l'écoutant, je me rends compte que j'ai pu l'interpréter : l'interprétation ici est toute aussi parfaite que l'oeuvre : les phrasés sont parfaitement scindés et expressifs. Le langage musical ne peut totalement se traduire en mot. Pourtant de nombreux messages s'y trouvent insérés qui nous parviennent : on y pourrait superposer plusieurs phrases par les phrasés du pédalier accompagnant les claviers communiquant également entre eux. C'est un exercice possible auquel je jouerai bien en l'écoutant plusieurs fois et pourquoi pas ? Un essai à faire .. dans mes poésies... ou ici. Mais oserai je me permettre ? Peut être en osant... Même si je me sens affaiblie par un état plus que grippal, je pense que ce sera le sujet du prochain article posté ici même chez Buxtehude pourvu que rien ne vienne interrompre le silence donc j'ai besoin et d'être à l'écart de toute autre chose pour tenter de réaliser cela.

    Beaucoup de compositeurs se sont inspirés de textes pour construire leur composition musicale ou de faits historiques ou encore de mythologie mais la musique peut elle aussi inspiré des écrits. Ceux peuvent venir de l'imagination des auteurs ou encore, on ne sait d'où précisémment.

    ©Colinearcenciel

     

     

     

     

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