• DES TRAITS DE CARACTERE DE JEAN PHILIPPE RAMEAU

    ROSSINI GIACHINO

    Jean Philippe Rameau peint par Carmontelle en 1760

     

     

     

     

    Au physique, Rameau (25 septembre 1683 Dijon 12 septembre 1764 Paris) était grand et surtout très maigre : les croquis qu'on en a, nous dépeignent une sorte d'échalas aux jambes interminables. Il avait « une grosse voix ». Son élocution était difficile, à l'instar de son expression écrite qui n'a jamais été fluide.

     

     

    L'homme était à la fois secret, solitaire, bougon, imbu de lui-même (plus fier d'ailleurs en tant que théoricien que musicien) et cassant avec ses contradicteurs, s'emportant facilement.

     

     

    On peine à l'imaginer évoluant au milieu des beaux esprits - dont Voltaire, avec lequel il avait une certaine ressemblance physique - qui fréquentaient la demeure de la Pouplinière : sa musique était sa meilleure ambassadrice à défaut de qualités plus mondaines.

     

     

    Ses « ennemis » - comprendre : ceux qui ne partageaient pas ses idées en matière de musique ou de théorie acoustique - amplifiaient ses défauts, par exemple sa supposée avarice.

     

    En fait, il semble que son souci de l'économie soit la conséquence d'une longue carrière obscure, aux revenus minimes et incertains, plus qu'un trait de caractère car il savait être généreux : on sait qu'il a aidé son neveu Jean-François venu à Paris, son jeune collègue dijonnais Claude Balbastre également « monté » à Paris, bien doté sa fille Marie-Louise en 1750 lorsqu'elle entra en religion chez les Visitandines, payé de façon très ponctuelle une pension à une de ses sœurs devenue infirme.

     

     

    L'aisance financière lui était venue sur le tard, avec le succès de ses œuvres lyriques et l'attribution d'une pension par le roi (quelques mois avant sa mort, il fut même anobli et fait chevalier dans l'Ordre de Saint-Michel).

     

     

    Mais il n'en avait pas pour autant changé de train de vie, conservant ses vêtements élimés, son unique paire de chaussures, son mobilier vétuste ; à sa mort, dans l'appartement de dix pièces qu'il occupait rue des Bons-Enfants avec son épouse et son fils, il n'avait à sa disposition qu'un clavecin à un seul clavier, en mauvais état ; mais on trouva dans ses affaires un sac contenant 1691 louis d'or.

     

     

    Un trait de caractère que l'on retrouve d'ailleurs chez d'autres membres de sa famille est une certaine instabilité : il s'est fixé à Paris vers l'âge de quarante ans après une phase d'errance et avoir tenu de nombreux postes dans des villes variées : Avignon, peut-être Montpellier, Clermont-Ferrand, Paris, Dijon, Lyon, à nouveau Clermont-Ferrand puis Paris. Même dans la capitale, il a souvent changé de domicile, tour à tour rue des Petits-Champs (1726), rue des Deux-Boules (1727), rue de Richelieu (1731), rue du Chantre (1732), rue des Bons-Enfants (1733), rue Saint-Thomas du Louvre (1744), rue Saint-Honoré (1745), rue de Richelieu chez la Pouplinière (1746), enfin à nouveau rue des Bons-Enfants (1752).

     

     

    La cause de ces déménagements successifs n'est pas connue.

    Le traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels est le premier traité de théorie musicale écrit par Jean Philippe Rameau : ce traité fut publié en 1722. Cet ouvrage fondamental dans le développement de la musique occidentale, valut à Rameau d'être considéré comme le plus savant musicien de son époque.

     

     

    L'approche est purement mathématique : il part du principe que « la corde est à la corde ce que le son est au son » - c'est-à-dire que, de la même façon qu'une corde donnée contient deux fois une corde de demi-longueur, de même le son grave produit par la première « contient » deux fois le son plus aigu produit par la seconde. On sent le présupposé inconscient d'une telle idée (que signifie le verbe « contenir » ?), cependant les conclusions qu'il en tire vont le confirmer dans cette voie, d'autant que, en 1726, il prend connaissance des travaux de Joseph Sauveur  sur les sons harmoniques qui viennent les corroborer de façon providentielle.

    Muni de ce principe et de celui de l’équivalence des octaves (« qui ne sont que des répliques »), il en tire une démonstration du caractère « naturel » de l’accord parfait majeur : partant du do émis par une corde vibrante, il remarque que la division de la longueur de cette corde, successivement par les premiers nombres entiers produit les notes suivantes :

    division par 2 : l'octave supérieure (c’est-à-dire le huitième degré de la gamme diatonique, vers les aigus), le do supérieur

    division par 3 : la « douzième », le sol qui suit

    division par 4 : la « quinzième » ou seconde octave, le do qui suit

    division par 5 : la « dix-septième », le mi qui suit.

    (la division suivante, par 6, donne à nouveau un sol) et, sans s’étendre sur la question, Rameau décrète que la division par 7 ne donne aucun son utilisable, ce qui met fin au procédé).

    Ainsi, l’élimination des notes à l'octave dans cette succession de notes « harmoniques » laisse subsister les trois notes de l’accord parfait majeur do-mi-sol.

    Dans cette démonstration, Rameau met en outre en évidence d'une part ce qu'il appelle la «basse fondamentale» - dans l'exemple ci-dessus, la note do initiale, d'autre part le principe de renversement des accords : puisque « les octaves ne sont que des répliques », do-mi-sol , mi-sol-do et sol-do-mi sont en fait trois aspects de la même réalité naturelle.

    Ce qui a été fait par les divisions de la longueur de la corde est répété sous la forme de multiplications et, par là, Rameau détermine l'accord fa-la{\displaystyle \flat }-do qui est l'accord parfait mineur, lui aussi mis en évidence par « la nature ».

     

     

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