• 36. Les rochers eux mêmes prononçaient le mot

     

    Col Dochula Bhoutan

     

    On nous informa qu’après l’assemblée un grand nombre de maîtres retourneraient aux Indes par la route du lac Sansrawar et Mouktinah. De Mouktinah nous pourrions aller très facilement à Darjeeling. C’étaient là de bonnes nouvelles, et la perspective de voyager avec ces grands êtres nous rendait très fiers. Nous allâmes de souterrain en souterrain et parlâmes à de nombreux Yogis et Sadhous.

     

    36.

    (Carte actuelle de Mouktinah à Darjeeling).

     

     

     

    À notre surprise, nous découvrîmes que beaucoup d’entre eux séjournaient là hiver comme été. Nous leur demandâmes s’ils étaient gênés par la neige. Ils répondirent que la neige ne tombait pas dans le voisinage et qu’il n’y avait jamais ni brouillards ni tempêtes. Le temps avait passé d’une aile rapide, et nous étions maintenant à la veille de notre départ.

     

    3.13. Départ de Pora-tat-Sanga (Taksang).

    - Marche rapide de la caravane.

    - Discours d’Émile sur la concentration de pensée et l’adoration de Dieu

     

    Le matin de notre départ, la communauté fut réveillée à trois heures par le chant du Disciple Rieur. Nous pensâmes qu’il se passait une chose inusitée, car il nous conviait tous à nous réunir un moment.

     

    Tandis que nous sortions du temple, la lumière issue de Pora-tat-Sanga brillait d’un tel éclat que tout le secteur en était illuminé. Le chela se tenait à un angle du temple et nous demanda de contempler le spectacle en silence.

     

    Nous vîmes des centaines de formes debout, les bras levés. Le silence fut rompu par les mots : « Salut, salut, salut, le Maître Pouridji chante » Des milliers de voix se joignirent à la sienne, et l’écho donnait l’impression qu’il y en avait encore des milliers d’autres. Chaque mot s’entendait distinctement dans le calme du matin.

     

    Voici les paroles du Maître : « Pourrait-il exister un Dieu pour les Hindous, un Dieu pour les Mongols, un Dieu pour les Juifs, et un Dieu pour les Chrétiens ?

     

    Il n’existe qu’un seul vrai Principe Universel, Directeur, Primitif, Infini et Divin. La lumière centrale de ce Principe s’appelle Dieu. Dieu doit envelopper tout, et en effet, il enveloppe tout. Tous sont Dieu. Cela ne signifie certainement pas qu’il y ait un Dieu individuel non destiné à tous. Quand nous parlons de Dieu, nous parlons d’un et de tous, pour tous, en tous, et à travers de tous.

     

    Si les Hindous donnent un nom à leur Dieu, en disant qu’il n’en est pas d’autre, leur pensée est divisée. Si les Mongols donnent un nom à leur Dieu, en disant qu’il n’en est pas d’autre, leur pensée est divisée. Si les Juifs donnent un nom à leur Dieu, en disant qu’il n’en est pas d’autre, leur pensée est divisée. Si les Chrétiens donnent un nom à leur Dieu, en disant qu’il n’en est pas d’autre, leur pensée est divisée. Une maison divisée contre elle-même est détruite d’avance, et il faut qu’elle tombe. Si elle est unie, elle subsiste éternellement. Choisissez qui vous voulez servir. Division signifie faillite et mort. Unité dans le Principe Père et Mère signifie progrès, honneur, et pouvoir. A.U.M., A.U.M., A.U.M. Il sembla que cet AUM se répercutait autour du monde. Nous pûmes en entendre l’écho pendant au moins  348 minutes, comme si le gong du temple avait résonné. Par moments, il semblait que les rochers eux-mêmes prononçaient le mot.

     

    Pendant que ces résonances s’atténuaient progressivement, tous les pèlerins se réunirent dans le grand amphithéâtre rocheux situé au-dessous du temple, et nous nous joignîmes à eux. Quand nous fûmes assis avec notre groupe, le Yogi Santi leva les mains au-dessus de sa tête, et tout le monde chanta AUM à l’unisson comme précédemment. À nouveau les rochers parurent renvoyer les vibrations. Cela dura jusqu’à la fin du repas.

     

    Quand nous nous levâmes, l’assemblée observa un moment de silence. Puis le chela se mit à chanter : « Nous allons vous dire au revoir. Nous vous laissons nos plus grandes bénédictions en nous séparant de votre très gracieuse présence. Permettez que nous vous demandions de nous faire l’honneur d’une nouvelle bienvenue. Nous hésitons à nous séparer de vous.

     

    Nos cœurs désirent votre retour et nos yeux le contemplent à l’avance. Nous vous disons au revoir. Puissiez-vous recevoir les plus riches bénédictions de tout ce qui est saint".

     

    La réponse arriva comme d’une seule voix :

    Bien-Aimés, nous ne sommes jamais séparés, même quand vous croyez que l’espace creuse un abîme entre nous. Non, la distance n’a pas le pouvoir de séparer, car Dieu imprègne tout l’espace et vous l’imprégnez aussi. Nous n’éprouvons même pas le besoin de vous dire au revoir, car nous ne cessons jamais de vous voir face à face. Vos déplacements ne sont pas des allées et venues. Vous êtes toujours ici. Séparation, temps, oubli n’existent pas. Le présent est ici, l’avenir y est donc aussi. Où pourrions-nous être, sinon tous ensemble en Dieu ?

     

    Ne vous éloignez pas de lui, rassemblez-vous en lui, et vous serez toujours ici. Nous avions déjà parcouru un bon bout de chemin quand ces dernières paroles nous parvinrent.

    Nos pas nous éloignaient, mais nous étions encore à Pora-tat-Sanga (temple de Taktsang vu précédemment et illustré). Il n’eut pas de séparation, et nous n’avons jamais eu l’impression d’avoir quitté ce lieu sacré.

    Tout le long du jour, le chela ne fit que rire et chanter. Comme précédemment, son rire et son chant paraissaient nous transporter corporellement par-delà tous les passages difficiles.

     

    À deux heures de l’après-midi, nous repassâmes par Maha-Muni la silencieuse, mais au lieu de nous y arrêter pour la nuit, nous allâmes de l’avant, marchâmes seize heures, et couvrîmes plus de cent vingt kilomètres. Malgré  cela, nous n’étions nullement fatigués et notre voyage se poursuivit ainsi jusqu’à Sansrawar.

     

    Là, on nous conduisit à un temple magnifique, voisin du lac. Nous nous y reposâmes pendant deux jours avant de poursuivre notre chemin par le col transhimalayen. Cet endroit est presque un paradis. Le lac repose comme un joyau dans un cadre grandiose de montagnes. Les oiseaux chantent dans tous les arbres. La majeure partie des Maîtres qui avaient fait le chemin avec nous habitaient ici.

     

    (Note : Je suis sur la piste du Lac et je pense l'avoir trouvé, un peu de patience, les recherches sont fastidieuses !  ©Colinearcenciel) 

    Nous continuâmes, vers Mouktinath avec le Yogi Santi. On nous avait souvent parlé de la difficulté de franchir le col. Le voyage dure de longs jours, mais nous ne rencontrâmes guère de passages difficiles et arrivâmes à Mouktinath à l’époque prévue. Nous y fûmes salués à nouveau par Émile et un grand nombre de nos amis. Les mots ne peuvent traduire le plaisir que nous éprouvâmes à cette réunion. Nous avions voyagé au loin, et l’on nous avait accordé l’hospitalité la plus large et la plus aimable. Cependant, c’est ici que nous eûmes le sentiment d’un véritable retour au foyer.

     

    36.

    Situation de Muktinath au Népal,

    image de google map's

     

     

    36.

    (Notes : Moutinath se trouve au Népal voici un trajet sur google map's de Taktsang au Bhoutan, c'est un long voyage, reste à affiner les recherches)

     

     

    Ce soir-là, tandis que nous relations certaines de nos expériences, Émile dit :  Vous savez maintenant pourquoi les Tibétains n’éprouvent aucune gêne à porter de lourds fardeaux à des altitudes supérieures à sept mille mètres. Vous savez comment ils escaladent le mont Everest. Ils vont à la crête du Dieu des Monts, comme ils l’appellent. Ils surmontent, ils montent sur le dieu de la montagne, comme ils surmontent ou triomphent du dieu d’un fardeau quelconque. En d’autres mots, ils laissent aller le fardeau, et alors celui-ci n’existe plus. On ne peut mettre un fardeau sur les épaules du véritable Dieu-homme, et encore bien moins sur sa forme.

     

    Vous pouvez maintenant percevoir la vérité de l’assertion de Jésus quand il disait : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés de fardeaux, et je vous donnerai du repos. »

     

    La véritable citation est : « JE SUIS vous donne réellement du repos. » Reposez-vous en JE SUIS, et vous quittez le dieu du fardeau pour le Dieu de la Paix, le royaume où l’on ne porte pas de fardeaux.

     

    Dieu est le pouvoir qu’a l’homme de penser droit et juste en toutes circonstances.

    L’homme en tant que pauvre vermisseau de la poussière n’a pas conscience de Dieu. Il n’exprime que la conscience du vermisseau.

     

    Quand on tire sur une cible et que l’on veut  faire mouche, il faut concentrer toute sa pensée sur le milieu de la cible et ne rien voir d’autre que le centre.

     

    Si l’on a touché, on s’est approché de Dieu d’un degré, car Dieu est l’idéal divin, le foyer vers lequel convergent toutes les pensées et tous les actes. C’est ainsi que l’on développe en soi l’homme spirituel, le Christ de Dieu, la Parole faite chair. Aussi certainement que Dieu entoure la chair, cette chair est Dieu. Faites de votre subjectif un objectif, un sage collaborateur volontaire du principe. Dirigez-vous droit sur votre objectif. Faites de celui-ci la vie intérieure divine.

     

    Nul n’a jamais rien accompli de grand sans avoir totalement concentré sa volonté et maintenu son objectif (Dieu) devant le pur miroir de sa force de pensée. La force de pensée est l’homme agissant comme Dieu, l’homme exigeant de lui-même une telle concentration sur son objectif (Dieu) que celui-ci se manifeste instantanément.

     

    Dès que Dieu est devenu objectif, présentez le moule de votre désir, et ce moule se trouve aussitôt rempli. Si cette affirmation ne se révèle pas rigoureusement exacte, c’est que vous n’auriez pas eu la pensée de votre désir, que vous n’auriez pas pu l’avoir. Quand votre désir est présenté comme indiqué, il est divin. Si votre divinité se manifeste constamment, votre désir est conçu selon l’harmonie divine. Vous avez tout pouvoir pour fixer sa date d’exécution et pour prononcer la parole d’autorité. Vous restez le Maître. Pour le monde extérieur, votre ordre est : « Silence complet. » Vous pouvez alors dire avec précision et en toute connaissance de cause : « Il n’est pas de plus grand pouvoir que mon Christ intérieur. J’émets ma parole douée de la qualité de Christ, et elle accomplit instantanément toutes choses. Je donne louange et bénédiction, et j’envoie ma parole avec abondance, harmonie, et perfection.

     

    Au commencement, vous avez prononcé la parole (Dieu) qui représente votre vrai désir.

    Ne revenez jamais en arrière, ne réitérez pas votre demande. Cette attitude engendrerait le doute. Allez de l’avant, rappelez-vous ce que vous avez fait. Si vous avez formulé votre Parole-Christ, vous êtes maître de la situation.

    La chose désirée est accomplie, complète, divinement en ordre. Je te remercie, Dieu, pour la Vie et la Lumière Abondantes, pleines et libre. 

     

     

    Pour la santé parfaite, la puissance illimitée, Et la liberté sans restriction.

     

    Rappelez-vous que si deux êtres unissent leur force spirituelle, ils peuvent triompher du monde, même s’ils ne peuvent rien faire individuellement. Ces deux êtres sont Dieu et vous, unis dans un même but. Si d’autres s’unissent à vous avec la même sincérité de mobiles, votre pouvoir croît plus vite que le carré du nombre des associés. Si deux d’entre vous s’unissent à Dieu pour formuler une demande, mon Père l’exauce.

    Mon Dieu devient votre Dieu, et nous communions.

     

    Uni à Dieu, l’homme triomphe de ce qui n’est pas divin. Entrez dans le lieu secret de votre âme, fermez la porte au monde extérieur, fermez vos yeux de chair, regardez votre Moi divin avec votre œil intérieur. Vous vous êtes paisiblement mis dans un état réceptif spirituel. Le Principe de Dieu est le but unique. Je communie avec l’Énergie de la Vie Universelle. Elle me traverse, je la connais, je la sens. Je remercie Dieu mon Père d’avoir la faculté d’accomplir toutes choses. Quand vous priez Dieu et que votre âme intime est en contact avec l’Énergie de la Vie Universelle, vous utilisez cette énergie dans une mesure illimitée.

     

    Vous donnez le nom de Dieu à l’Esprit infiniment sage qui existe au-dedans comme au-dehors de tout être humain. L’expression extérieure de Dieu ne peut se formuler qu’à travers vous. Il n’est donc pas nécessaire de rechercher aide et connaissance à l’extérieur. Cherchez-les à l’intérieur, sachant que la vérité intelligente et la source de toute connaissance sont latentes en vous. Pourquoi chercher le savoir à l’extérieur, puisque Dieu, l’Esprit Universel, est intérieur ?

     

    Ayant compris ce principe, vous pouvez faire appel à lui pour n’importe quelle œuvre en étant certains que le Dieu intérieur est le plus grand des éducateurs.

     

    Tout votre pouvoir est d’abord attiré vers vous, puis élaboré dans votre corps, et enfin manifesté pour l’accomplissement de ce que vous lui ordonnez d’exécuter. Tel est Dieu exprimant son pouvoir par vous. Dieu n’est pas personnel, mais intérieur et incluant tout.

     

    En le laissant s’exprimer du dedans, on est relié à lui, car il interpénètre tous les mondes. En adorant le Dieu intérieur, en le voyant émaner de soi, on adore la Déité dans toute la famille humaine. Au contraire, l’adoration d’un dieu extérieur  produit l’idolâtrie. Quiconque adore Dieu intérieurement, et le voit se manifester du dedans vers l’extérieur du monde, entre en contact conscient avec les émanations universelles de la vie et de la lumière divines.

     

     

    Il ne peut exister aucune déité à l’extérieur de votre corps sans qu’elle existe également à l’intérieur, car tout est émanation d’énergie vibrante. Les vibrations de Dieu incluent toutes les cellules de votre corps et toute la masse de l’Univers. Dieu est donc partout, avant tout, en tout, autour de tout, enveloppant et embrassant tout. L’énergie immanente de la vie et de la lumière passe à travers tous les atomes de l’espace sans en excepter aucun.

     

    Ayant achevé ce discours, Émile annonça que nos amis nous retrouveraient à Hardwar et nous souhaita bonne nuit.

     

     Extrait de la vie des maîtres de T. Baird Spaldind page 348 à 353

     

     

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